C'est le nouveau plan bataille qui s’ébauche dans les couloirs, en particulier ceux du Sénat : une alliance avec Emmanuel Macron pour la prochaine présidentielle et pour les législatives.

On sait à quel point pour la droite être dans l’opposition apparaît comme un accident de l’histoire. Quand ses adversaires l’emportent, elle a même tendance à penser que c’est « par effraction », comme l’avait clamé François Baroin, à l’Assemblée nationale. Mais cela va faire neuf ans que Nicolas Sarkozy a quitté le pouvoir, et certains élus LR ou centristes se rendent à l’évidence : sans candidat naturel capable de doubler Emmanuel Macron dans les urnes, l’Elysée, et tous les postes qui vont avec, risquent encore leur échapper. 

D’où ce plan de bataille qui s’ébauche dans les couloirs, en particulier ceux du Sénat. Proposer une alliance à Emmanuel Macron pour la prochaine présidentielle et pour les législatives. De toutes manières, comme me l’expliquait hier un sénateur, « il faudra y penser sinon, après les régionales, certains LR vont dire qu’ils sortent acheter des cigarettes et on va les retrouver devant l’Elysée ». 

Des jalons ont été posés depuis longtemps

Par Edouard Philippe, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin qui ont franchi le Rubicon en 2017. Par Jean-Pierre Raffarin, qui avait proposé un grand rassemblement pour les européennes de 2019, sans être entendu. Par Christian Estrosi, le maire de Nice qui, dès septembre dernier, a jeté un pavé dans le marigot en incitant ses amis à passer un accord avec le chef de l’Etat. 

Le coup de grâce vient de Nicolas Sarkozy. L’ancien président laisse entendre qu’il pourrait aussi bien soutenir un LR qu’Emmanuel Macron.

Pour l’instant, Emmanuel Macron n'est pas prêt à faire ce genre d’alliance. 

Le chef de l’Etat a toujours préféré les débauchages individuels à droite, sans se lier les mains. Accepter de monter une coalition avec les LR, serait interprété comme un signe de faiblesse, même enrobé dans l’idée d’un Front anti-Marine Le Pen. 

A ce jour, le seul avec qui Emmanuel Macron ait jamais accepté de s’allier, est François Bayrou. Tout sauf un chemin de roses pour le centriste. Le maire de Pau a dû se battre d’arrache-pied pour obtenir les circonscriptions promises en 2017 pour le Modem. A chaque remaniement, il a dû taper du poing sur la table pour que des membres de sa formation figurent en bonne place au gouvernement. Le chef de l’Etat a certes repris son texte de moralisation de la vie politique mais Bayrou vient de perdre son autre grand combat, la proportionnelle. Quelle que soit leur famille d’origine, les candidats au ralliement savent donc exactement à quoi s’attendre.

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