Portrait d’un homme de l'ombre à l’Élysée, un conseiller militaire qui a l'oreille du Président : Benoît Puga, chef d'État-major particulier de François Hollande.

C'est un drôle de personnage. Son travail est de suivre partout le Président, de le conseiller, de lui donner des informations en temps réel.

Exemple : un Français est décapité en Algérie ? C'est Benoît Puga qui donne la mauvaise nouvelle. La France bombarde l'Irak ? Puga montre des cartes au Président pour suivre les opérations. Il est en contact permanent avec le chef d'état-major des armées, celui qui dirige les troupes sur le terrain.

Physiquement, impossible de rater Benoît Puga. Imaginez, lors des voyages présidentiels, un légionnaire. Soixante-deux ans. En costume d'apparat, tiré à quatre épingles, qui fume des cigarillos, avec de la gouaille Les islamistes, au Mali ? Il faut aller les chercher avec une « fourchette à escargot » ! Voilà comment parle Puga.

C'est un faucon. Pas un théoricien. Il aime l'action . Il a beaucoup fait pour transformer le timoré François Hollande de 2012 qui n'avait pas d'expérience internationale, en un chef de guerre, sans états d'âme, prêt à frapper au Mali, en Centrafrique, en Irak, et maintenant d'essayer de monter une coalition internationale en Syrie.

Il faut dire que François Hollande est fasciné par le personnage. Puga est un ancien para. Il a sauté sur Kolwezi en 1978, il est intervenu au Gabon, au Liban, au Tchad.

Pourtant, il n'a pas vraiment le profil d'un socialiste pur jus - et c'est même le moins que l'on puisse dire. Puga est proche des milieux traditionalistes catholiques. Il a onze enfants. Son père était un colonel partisan de l'Algérie française. Qui l'a nommé à ce poste ? Nicolas Sarkozy, en 2010. Personne n'imaginait que les socialistes le maintiendraient. Ce que François Hollande a donc fait, à la surprise générale. Il l'a même prolongé au-delà de l'âge de la retraite pour un militaire.

Aujourd'hui, ce personnage qui est parfois un peu courtisan il faut le dire, se retrouve numéro Deux du cabinet de l'Élysée.

Le numéro Un, le premier des conseillers, c'est le Secrétaire général de l'Élysée, Jean-Pierre Jouyet, l'ancien secrétaire d'État aux affaires européennes de François Fillon.

Bref, au sommet de l'État, on trouve aujourd'hui deux anciens responsables de l'époque Sarkozy, en train d'accompagner un Président en plein virage sécuritaire. Avec François Hollande, on n'est jamais au bout de nos surprises.

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