Il faut croire ! Ils ont replongé, avec l’art et la manière, dans leur pire travers : se faire du mal entre eux, beaucoup de mal. Ils se font souffrir, tellement qu’ils doivent aimer ça, en fait.

Pourtant, à la base, ils sont pleins de bonnes intentions. Prenons l’exemple de Benoît Hamon. Il a quitté le gouvernement fin août après avoir l’avoir critiqué. Comme Arnaud Montebourg et Aurélie Filippetti. Après cet épisode, il voulait prendre du recul, se faire un peu oublier. A tel point qu’il avait renoncé à entrer à la commission des Finances de l’Assemblée pour ne pas être trop exposé au moment du débat sur le Budget. Et puis patatras : il s’abstient de le voter, en partie pour l’instant ! Et dit au passage que l’actuelle politique « menace la République » Rien que ça. Filippetti s’abstient aussi. Et Montebourg n’est plus député, mais il se serait aussi abstenu . Les socialistes sont abasourdis. Il y en un qui m’a dit: « Si il n’y avait pas eu Frangy, Filippetti serait en train d’inaugurer la fondation Vuitton plutôt que de s’abstenir » . C’est vous dire le degré de crédibilité qu’ils leurs accordent.

Pourquoi ont-ils fait ça ?

Il y a sans doute une forme de libération à clamer tout haut ce qu’ils pensent depuis longtemps. Sauf que, comme Martine Aubry d’ailleurs, ils commencent à pilonner alors que les principaux textes sont votés. C’est un peu tard pour demander de mettre le quinquennat sur « Pause », un peu tard pour avoir un grand débat sur l’orientation économique. Surtout qu’on imagine mal Hollande et Valls répondre : « Bon ok, vous avez raison on change tout. » Au contraire. Quitte à aller au clash, Valls ne va pas se gêner. Dans L’Obs de cette semaine, le Premier ministre dit qu’il veut “en finir avec la gauche passéiste”, qu’il oppose donc à une gauche progressiste. Au moins, c’est clair.

Personne ne les empêche de s’exprimer ! Mais si on regarde bien, plusieurs anciens ministres, qui sont aujourd’hui dans le camp des frondeurs, ont voté le budget hier.

Car l’abstention sur le Budget est un tel défi au gouvernement que c’est en fait un point de rupture . Vous avez entendu les réactions épidermiques de ceux qui espèrent encore que tout cela marche ?

Même le plutôt modéré Stéphane Le Foll, grand ami de François Hollande, qui craque, n’en peut plus, écoutez le sur BFM :

Hamon a donc répondu « non je ne quitterai pas le PS », et il a demandé à François Hollande de faire la synthèse, comme si le Président n’avait que ça à faire. Faire la synthèse c’était son activité préférée quand il était premier secrétaire, que le PS était dans l’opposition ! Le problème, c’est qu’ils sont tous en train de replonger dà cette époque-là.

Alors là, bienvenue au PS, un monde obscur avec son jargon, je préviens !

Ce qui se profile, c’est qu’après les Etats généraux qui doivent redéfinir la carte d’identité du parti, les socialistes vont organiser un congrès. On ne sait pas encore quand, mais l’enjeu sera très fort puisqu’une grande partie d’entre eux pense que François Hollande n’a plus aucune chance de s’en sortir. Il faudra donc à ce moment-là incarner une alternative pour prendre le pouvoir à sa place. Et tout cela se prépare maintenant.

C’est ce qui se joue sous nos yeux, et c’est d’autant plus vertigineux qu’à force de se regarder le nombril, ils ne voient même plus ce qui se passe à côté .

Pendant qu’ils ont replongé dans leur guéguerre, cette semaine, Nicolas Sarkozy a très fortement droitisé son discours, Patrick Balkany a été mis en examen pour corruption passive, blanchiment de corruption et blanchiment de fraude fiscale et le FN continue de monter dans les sondages… On ne sait pas du tout, ce que pense les socialistes de tout ça. Mais bon c’est vrai qu’avant, il y a un congrès à préparer !

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