Notre si jeune président n’était pas né. Il a vu le jour près de dix ans plus tard, et il a donc décidé de commémorer au printemps prochain l’anniversaire de mai 68.

Par Renaud Dély

Alors, Emmanuel Macron s’est fait élire sur un discours qui se voulait « et de droite, et de gauche ». Depuis cinq mois, on voit bien le « et de droite », avec la baisse des APL, la réforme du code du Travail ou la suppression de l’ISF. Fêter mai 68, en revanche,  ça fait « et de gauche », et ça ne coûte pas cher !

Il y a dix ans, Nicolas Sarkozy avait conquis l’Elysée en promettant de « liquider l’esprit de mai 68 ». Pour lui 68, c’était le début de la décadence. L’éloge de la permissivité, la fin de l’autorité, le règne de l’individualisme, bref, la « chienlit » comme disait le Général. Depuis quelques semaines, Macron avait multiplié les petites attentions envers Nicolas Sarkozy.  En célébrant mai 68, il semble lui tourner le dos et faire un geste pour les électeurs de gauche.

Sauf que pour Macron, célébrer Mai 68, ce n’est pas forcément « de gauche » 

Certes, le Président s’entend très bien avec Dany Cohn-Bendit. Mais dans son gouvernement, Edouard Philippe, Gérald Darmanin ou Gérard Collomb n’ont pas vraiment l’état d’esprit « soixante-huitard ». J’ai vu hier le ministre de l’Economie Bruno Le Maire. Il se dit « gaulliste » et confie volontiers qu’en 68, il aurait défilé sur les Champs-Elysées avec André Malraux et les barons de l’UDR. 

En fait, Emmanuel Macron rêve d’appliquer à mai 68 son fameux théorème du « en même temps ». Comme si, il y a 50 ans, on pouvait être à la fois sur les barricades de la rue Gay-Lussac avec Dany le rouge et à Baden-Baden dans les bras du général Massu… Comme si, au fond, on n’était jamais contraint de choisir son camp…

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