Le leader du Modem François Bayrou a beau être replié sur ses terres de Pau, il reste au centre du jeu. Sa relation de proximité avec Emmanuel Macron est l’un des mystères les plus intrigants de ce quinquennat.

Emmanuel Macron et François Bayrou au Palais de l'Elysée en novembre 2017
Emmanuel Macron et François Bayrou au Palais de l'Elysée en novembre 2017 © AFP / Ludovic Marin

Sur le papier, tout les sépare. Ils ont 37 ans de différence. François Bayrou, c’est le politique à l’ancienne, trois fois candidats à la présidentielle. Ministre sous Mitterrand, sous Chirac, il a appelé à voter Hollande en 2012. Il a occupé tous les postes.  Et pourtant, alors qu’on le donnait mort politiquement, le voilà dans le tout premier cercle d’Emmanuel Macron. Un cercle où ils sont quatre : le président de l’assemblée Richard Ferrand, Christophe Castaner, le ministre de l’Intérieur, et Philippe Grangeon, le communiquant qui vient d’être nommé, par intérim, à la tête de la république en marche. Résultat de cette proximité : le Modem pèse. Il a gagné du poids dans ce gouvernement, avec un ministre de plus. Emmanuel Macron fait des fleurs à Bayrou, même s’il le trouve un peu paternaliste. Il faut dire que Bayrou est persuadé qu’il est à l’origine de la victoire, qu’en se retirant de la course, il a permis au « nouveau monde » d’arriver sur terre.

Comment cette influence va-t-elle jouer sur les prochaines Européennes ?   

François Bayrou c’est le roi de la négociation de boutique. Il négocie tout, pied à pied. Même quand on fait une interview de lui, nous les journalistes, il se bat pour avoir une page d’interview plutôt qu’une demi page. Alors, vous imaginez pour la liste aux Européennes. Il se bat pour que les siens figurent à de bonnes places. Il veut bloquer tous ceux grattent à la porte : centristes de l’UDI, juppéistes, membres de ce qu’on appelle les constructifs de droite. C’est un allié qui n’est pas simple à gérer pour Emmanuel Macron. Il est capable de ruer subitement dans les brancards, comme à la rentrée. Il n’a pas beaucoup de considération pour le premier ministre Edouard Philippe

Certains, dans la majorité, espèrent secrètement voir son influence se réduire dans les prochains mois

Comment? En faisant tout pour faire émerger une autre figure nationale au Modem. Histoire de contrer Bayrou. Cette personnalité, c’est Marc Fesneau. Il vient d’entrer au gouvernement. Edouard Philippe ne tarit pas d’éloges sur lui. Les députés de la majorité l’adorent. Il a été nommé ministre des relations avec le Parlement. Il a même failli hériter du ministère de l’Agriculture. Mais il en faudra bien plus pour désarçonner le maire de Pau, qui en a vu d’autres.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.