Dimanche soir Nicolas Sarkozy a réaffirmé son souhait de recourir « régulièrement » au référendum.

le ps reste mobilisé sur le droit de vote des étrangers
le ps reste mobilisé sur le droit de vote des étrangers © reuters

C’est dire que dans sa tête, il a déjà enjambé l’élection de l’UMP. Il est déjà dans 2017. On aurait cru entendre le Nicolas Sarkozy de la campagne de 2012. Dans sa 1ère interview en février de cette année-là, le président-candidat avait proposé deux référendums : l’un sur la formation professionnelle, le second sur les juridictions en matière de droit des étrangers. Un sujet pour le moins sensible. Il a donc récidivé au 20:00 de France 2. Ecoutons-le :Sa défiance vis-à-vis des corps intermédiaires, dans lesquels Nicolas Sarkozy mélange allègrement syndicats, députés, sénateurs étaient une autre de ses marottes en 2012, l’époque où il avait encore une oreille pour Patrick Buisson, son conseiller d’alors très très à droite.Dans le même temps il appelle au rassemblement de manière confuse: on avait l’impression qu’il parlait aussi bien de l’UMP que de la prochaine présidentielle. Sauf que rassemblement et promotion du référendum ont quelque chose d’antinomique. Il n’y pas plus clivant, segmentant qu’une consultation populaire. Outre, et c’est désormais bien connu, que les Français ne répondent pas à la question posée, le choix peu nuancé entre un oui et un non conduit à des arguments simplistes pour ne pas dire caricaturaux. L’opposition entre deux camps n’a rien de constructif. Le référendum hystérise au lieu d’apaiser. Il divise sans vraiment transcender les clivages.D’ailleurs Nicolas Sarkozy n’y a pas toujours été favorable, en 2007, quelques semaines avant son élection il estimait que la démocratie participative était « la forme ultime de la démagogie » et dans une interview à l’Express en mars 2007 toujours il se moquait de devoir, je cite, «demander leur avis » aux Français aussitôt élu ! En 2012 il a changé d'avis.Et en 2014, Nicolas Sarkozy recycle l’idée du référendum sauf que cette fois-ci elle vient percuter celle du rassemblement au-delà des partis, son nouveau mot d’ordre. Il y a là une contradiction évidente entre le moyen et le but. Que l’extrême droit brandisse le référendum comme arme ultime d’un pouvoir moderne devrait suffire à s’en éloigner ou tout au moins à ne pas en faire l’alpha et l’oméga pas d’un retour en politique.Certains proches de Nicolas Sarkozy sont d’ailleurs restés sur leur faim. « Il n’est pas allé suffisamment loin dans son propre bilan. Il va continuer à se le trainer», expliquait un cadre de l’UMP. Encore faut-il que Nicolas Sarkozy ait vraiment envie de dresser son propre inventaire et de chercher ailleurs que dans ses vieilles recettes qui n'ont pas marché un chemin véritable vers le rassemblement qu'il appelle de ses vœux.

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