Les municipales du mois de mars : tous les politiques ont ces élections en ligne de mire… Mais certains voient plus loin et pensent déjà à la présidentielle de 2022… avec cette question : comment éviter d’avoir les deux mêmes finalistes qu’en 2017 ? Y a-t-il une porte de sortie ?

Les deux finalistes de l'élection présidentielle de 2017 : Emmanuel Macron et Marine Le Pen
Les deux finalistes de l'élection présidentielle de 2017 : Emmanuel Macron et Marine Le Pen © AFP / joel SAGET

C’est l’obsession de la droite non ralliée au président de la République 

Et de ses deux premiers de cordée, Valérie Pécresse et Xavier Bertrand, quinquas en rupture avec LR, étiquette qu’ils jugent désormais mortifère. Anciens ministres de Nicolas Sarkozy, ils tentent, chacun depuis leur base arrière, les régions Île-de-France et Hauts-de-France, de peser à nouveau dans le débat public... 

Et pour cela ils emploient chacun des stratégies divergentes : Xavier Bertrand, plus social, tente une timide percée par la gauche. Il veut par exemple une meilleure prise en compte de la pénibilité physique dans le calcul de la retraite. Comme il l’a martelé dans la nouvelle émission politique de France 2, "Vous avez la parole", il joue la carte du territoire, celui qu’il a remporté face à Marine le Pen en 2015 grâce au retrait des socialistes. 

Autrefois concentrée sur les sujets économiques, Valérie Pécresse qui s’imaginait en Angela Merkel française explore, elle, désormais les problématiques régaliennes. Dans une interview publiée hier dans le JDD, elle tente une offensive sur les questions migratoires. Elle aligne toute une série de propositions pour plaire à son ancien camp. Mais réclamer la restriction de l’Aide médicale d’Etat ou la fin de l’acquisition automatique de la nationalité française à 18 ans, ne suffira pas à marquer sa différence. 

Et de l’autre côté du spectre politique, comment desserrer cet étau ? A gauche, plus que jamais, on fait des mathématiques. Des additions ou plutôt des soustractions.  Et on cherche une stratégie. 

Faudra-t-il que le parti socialiste s’efface derrière le Vert Yannick Jadot ? 

Certains y pensent, et pas seulement lors des manifestations pour le Climat. Mais là encore, quelle est la voie de passage qui réussirait à donner corps politiquement à la réconciliation entre la crainte de la fin du monde et la crainte de la fin du mois ? Les élections municipales joueront un rôle capital dans cette recomposition qui se poursuit. 

Selon un sondage Ifop qui sera diffusé mardi, près de la moitié de la population des villes de plus de 10 000 habitants souhaite la réélection de son maire, issu pourtant d’une ère pré-macronienne. Il existe donc bien un intervalle dans lequel la droite comme la gauche peuvent s’engouffrer. Il est local. Seul espoir, pour le moment, de s’affranchir de la bipolarisation Le Pen-Macron...

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