Aux municipales, très peu de ministres s’étaient frottés au suffrage universel. En mars prochain pour les régionales, cela risque d’être à nouveau « tous aux abris »…

Emmanuel Macron, il aimerait bien que son gouvernement sente davantage la glaise. Et un peu moins la haute administration. Alors, il pousse ses ministres à avoir une terre d’élection. Et donc à se présenter aux régionales. Seulement voilà, on ne peut pas dire que son appel rencontre un franc succès… 

C’est même tout le contraire. Avant l’été, il rêvait d’envoyer Olivier Véran face à Laurent Wauquiez en Auvergne, Rhône-Alpes. Mais le ministre de la Santé a dit non. Il ne veut pas faire ce qu’on pourrait appeler une « Agnès Buzyn », c’est-à-dire de se barrer en pleine tempête. 

Le chef de l’Etat rêvait aussi d’une autre affiche : Jean-Michel Blanquer contre Valérie Pécresse, la présidente de l'Ile de France. Nouveau râteau. Le ministre de l’Education a vu les sondages, qui le donnent distancé, et il a refusé. 

Les autres ministres sont-ils aussi réticents ?

Ils font les morts. Il faut dire qu’il n’y a que des coups à prendre : aucune région n’est gagnable. La stratégie électorale, elle est illisible : ce sera un coup une alliance à gauche, un coup à droite… 

Du coup, les courageux se comptent sur les doigts d’une main. Il y aura le ministre des relations avec le parlement Marc Fesneau. Il mènera une liste en Centre-Val de Loire. Il y aura sans doute le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebarri en Nouvelle Aquitaine. 

Dans les Hauts de France, certains évoquent une candidature de Barbara Pompili, la ministre de l’Ecologie. Elle dit en privé qu’elle « réfléchit »... En parlant de réflexion, la palme pour moi revient à la ministre du Travail Elisabeth Borne. Elle hésite à se présenter et elle hésite même sur la région. Soit l’Ile de France, soit la Normandie…

Ce n’est pas vraiment ce qu’on appelle avoir un ancrage électoral !

Voilà. C’est l'éternel drame du macronisme. C’est un mouvement qui a été créé ex nihilo, autour d’un homme, depuis Paris. Jean Castex a  beau mettre le mot « territoire » à toutes les sauces, la déconnexion est toujours aussi criante. 

Dans ce contexte, certains, au gouvernement, commencent à faire monter l’idée qu’il faudrait reporter les régionales… Ils mettent en avant la menace épidémique, toujours là… Un peu comme pour le second tour des municipales. A ce stade, c’est une simple hypothèse, mais si elle devenait réalité, cela pourrait soulager bien du monde !

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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