J'étais hier à Frangy-en-Bresse et j'ai assisté au traditionnel rendez-vous des amis d'Arnaud Montebourg. Un autre ancien ministre, grec celui-ci : Yanis Varoufakis, était invité. Il a longuement dénoncé l'austérité en Europe. Montebourg, lui, s'est fait discret, une fois n'est pas coutume.

Montebourg et Varoufakis a la Fête de la Rose
Montebourg et Varoufakis a la Fête de la Rose © Aurelien Morissard / IP3 / Aurelien Morissard / IP3

Quand on est arrivé à Frangy-en Bresse, il y avait des affiches jaune fluo sur la mairie. Le programme de la fête de la Rose. Impossible de les louper. Vous aviez, en grosses lettres, le nom de l'invité d'honneur: Yanis Varoufakis. Et, en dessous, en tout petit : « Avec la présence d'Arnaud Montebourg ». Tout un symbole. Comme si Montebourg avait décidé de se mettre au second plan. C'était étrange.

D'habitude, à Frangy, on a un show de Montebourg. Il prend son accent bourguignon, il chante avec les militants, il lève les mains en l'air, il provoque. Là, rien. Il s'est même fait voler la vedette. Varoufakis a attiré tous les regards. Il nous a fait un discours interminable, à moitié improvisé, sous la pluie. Avec des envolées lyriques à la Montebourg. Le « printemps d'Athènes » écrasé comme « le printemps de Prague », non par les chars mais par les banques.

Montebourg est méconnaissable : pourquoi une telle attitude? __

C'est un grand classique. Après un échec, montrer qu'on a changé pour mieux rebondir. Ses sujets, maintenant, c'est la vie des entreprises. C'est l'Europe, qu'il faut délivrer des technocrates qui n'écoutent pas les peuples. Par ailleurs, Montebourg va être à nouveau papa. Ca change un homme. A la tribune, il y a eu un petit moment de tendresse. L'ancien ministre était en train de parler du vieillissement de la population allemande. Il a voulu faire une comparaison avec la France. Il a dit : « La France, elle, fait beaucoup de bébés». Les gens se sont marrés. Il s'est retourné pour faire un clin d'œil à sa compagne Aurélie Filippetti, qui est enceinte et qui était assise derrière lui.

Vie familiale, business, Europe : est-ce un adieu à la politique française?

Non. C'est juste que le retour est plus compliqué. Depuis un an, Montebourg cherche un nouveau positionnement. Il nous a expliqué en conférence de presse que c'était seulement « la sixième fois » qu'il s'exprimait publiquement depuis son départ du gouvernement. Ce n'est pas tout à fait vrai. En réalité, Montebourg, c'est le retraité de la vie politique le plus bavard. Il enchaîne, l'air de rien, des interviews, des interventions, des coups médiatiques.

Pourquoi ? Parce qu'il n'a plus de mandat, plus de fief mais toujours l'envie d'être candidat à la présidentielle. Il veut être l'alternative à François Hollande, mais il n'a pas de mouvement structuré pour le soutenir. Alors, il ne lui reste qu'une solution. Susciter l'attente, le désir. Bref, dire aux électeurs : « Retenez-moi, sinon je m'en vais ».

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