Par Judith Waintraub

Nicolas Sarkozy au siège des Républicains le 30 mars 2016
Nicolas Sarkozy au siège des Républicains le 30 mars 2016 © Getty / Chesnot

On apprend les nominations dans l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy, et ça ne se passe pas forcément très bien…

Même si c’est un peu la loi du genre, comme toujours quand il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus. Pour rester dans la métaphore biblique, les sarkozystes n’apprécient pas vraiment que leur candidat s’inspire de l’Evangile selon saint Matthieu. « Les premiers seront les derniers », vous connaissez ? Eh bien la règle s’applique aussi en politique. Qui va présider les comités de soutien ? Christian Jacob, le patron des députés Les Républicains, un ex-copéiste qui a annoncé son ralliement à Nicolas Sarkozy lundi. Les porte-parole Catherine Vautrin et Eric Ciotti sont respectivement une ancienne copéiste et un ancien filloniste. La direction de la campagne a été confiée à Gérald Darmanin, qui avait claqué la porte de la direction du parti après les régionales de décembre en reprochant à Sarkozy d’être plus dans l’identitaire que dans l’identité. D’ailleurs, Darmanin n’aura pas le titre de « directeur de campagne », mais celui de « coordonnateur », pour ne pas froisser les susceptibilités sarkozystes.

Il y a de l’inquiétude dans l'air. Et comme toujours dans ces cas-là c’est Brice Hortefeux, le fidèle d’entre les fidèles, qui tient le bureau des pleurs. Il est précieux pour Sarkozy : il ne demande jamais rien pour lui et il sait trouver les mots qui consolent. Un sarkozyste de la vieille garde m’a raconté qu’il avait appelé Hortefeux pour s’étonner de n’avoir pas été convié au dîner des piliers de la campagne, lundi, chez Rebellato. Il était d’autant plus surpris qu’il y avait là Maurice Leroy, un député du Nouveau centre qui s’est toujours bien entendu avec Nicolas Sarkozy mais qui n’appartient pas au premier cercle. Hortefeux a dit à ce sarkozyste qui se plaignait : « Ne t’inquiète pas, tu auras un rôle, Nicolas est très conscient de ce que tu es et de ce que tu fais. »

On est aux premiers jours de la campagne officielle, bien trop tôt pour savoir si ça va prendre ou pas, donc pour le moment, les troupes sont soudées. Et puis Sarkozy veille ! A ce fameux dîner, il a dit à ses invités : « On n’a pas tous la même histoire, mais moi je suis dans un démarche de rassemblement, alors même si on ne pense pas tous la même chose, je vous demande de vous entendre pour éviter la cacophonie ». Au fond, les sarkozystes historiques savent qu’il a raison, même s’ils trouvent qu’ils mériteraient un rôle plus valorisant dans le casting de la campagne : face à Alain Juppé, qui a encore peu de troupes mais qui ratisse large chez les Français, le danger pour Nicolas Sarkozy serait d’apparaître comme le candidat…des sarkozystes.

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