La défaite de Benoît Hamon, de Jean-Luc Mélenchon et de François Fillon pourrait redonner vigueur à des personnalités qu’on croyait écartées à tout jamais de la scène politique.

Arnaud Montebourg
Arnaud Montebourg © AFP / THOMAS SAMSON

Par Jannick Alimi.

Prenez la gauche, et plus particulièrement le Parti socialiste. On dit qu’il est retombé à son niveau de 1969, celui d’avant le congrès d'Épinay. Je dirais que c’est pire, car à l’époque, il y avait un certain François Mitterrand qui se préparait à faire oublier la vieille SFIO pour bâtir un tout nouveau PS. Or aujourd’hui, vous en voyez vous des François Mitterrand ? Personne qui vienne naturellement à l’esprit. Et pourtant, certains s’y voient déjà. « Il s’est mis sur les starting blocks, me confie un apparatchik socialiste passé par toutes les écuries du parti depuis trente ans. C’est le personnage idéal pour reconstruire une grande gauche sur les débris du Ps, avec la France insoumise de Mélenchon, les écolos et le parti communiste. » Ce trait d’union entre toutes les gauches plus ou moins radicales, ce pont qui serait toléré par tous les caciques des partis en présence, qui est-il ?

Une trait d'union nommé Arnaud Montebourg

Eh bien ce serait… Arnaud Montebourg. Vous vous souvenez de lui ? Le ministre de l’Economie et du redressement productif de François Hollande jusqu’en août 2014, le candidat vaincu aux primaires de la gauche… Mais depuis au fait, qu’était-il devenu ? On vous le rappelle, il soutenait.. Benoît Hamon. Officiellement en tout cas, car dans la pratique, sa présence aux côtés du candidat du PS était plus qu’anecdotique elle était elliptique.

Et pourquoi lui , Parce que 1 : c’est un ambitieux, convaincu de son destin national. Ce n’est pas le seul, me direz vous. Mais 2 : « C’est le seul au PS qui soit vraiment Mélenchon compatible », me confirme un proche du leadeur de la France Insoumise. « L’Europe s’est construite contre les peuples. L’Europe est la passoire de la mondialisation. » Vous croyez que c’est Mélenchon qui parle Eh bien non ! C’est Montebourg qui l’a dit… Le premier a d’ailleurs affirmé qu’il gouvernerait bien avec l’ancien ministre socialiste et Montebourg disait de Mélenchon, il y a quelques jours, qu’« il rassemble la gauche. Et puis c’est un penseur. Je l’ai toujours dit, Mélenchon pense la politique. » Bref, on l’aura compris, entre ces deux là c’est peut être une grande histoire qui commence.

Et le retour de "Don Sarkozy"

Et à droite, chez Les Republicains, c’est règlement de compte rue de Vaugirard mais aussi et surtout rue de Miromesnil, rue de Miromesnil … le QG de Nicolas Sarkozy. Don SarkozY, comme on l’appelle désormais au sein de sa famille. On le croyait retiré des affaires publiques, au chaud chez Accor, un des leaders de l’hôtellerie française… On se leurrait. Sarkozy ne peut plus espérer reprendre le gouvernail du pays mais il veut tirer les fils de la recomposition de la droite et éviter la désintégration de son parti.

« Il va pousser ses pions, François Baroin pour la campagne des législatives et Laurent Wauquiez pour la présidence provisoire, en tout cas, du parti, me disait un proche de Fillon. Sarkozy, il veut devenir le parrain de la droite républicaine. C’est sa façon de rester au service de la France ».

Un peu comme un autre futur ex président de la République, qui à gauche a pour projet de recomposer un Ps en déliquescence, François Hollande qui se rêve désormais, selon les mots d’un prof de sciences po qui le connaît bien, en « grand synthétiseur du PS. »

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