SNCF, Air France, Universités, Notre-Dames-des-Landes… La convergence des luttes, on en parle beaucoup et même à l’Elysée… Mais il y a convergence et convergence. Qu'est-ce que ça veut dire ?

Paris, 19 avril 2018 : manifestation intersyndicale de plusieurs corps de métiers ainsi que les étudiants
Paris, 19 avril 2018 : manifestation intersyndicale de plusieurs corps de métiers ainsi que les étudiants © AFP / Greg Looping / Hans Lucas

Il y a convergence et convergence

Certains comme la CGT l’espèrent, d’autres la craignent et d’autres encore, comme la CFDT, la réfutent. C’est la fameuse coagulation des mécontentements, celle qui, telle une traînée de poudre, relierait les revendications des pilotes de ligne, à la colère des cheminots, en passant par celle des fonctionnaires ou des étudiants. Un mouvement social qui sonnerait le glas de toute la politique d’Emmanuel Macron. 

Seulement voilà, le président de la République croit aussi à la convergence. Mais elle s’oppose à celle de la CGT ou de la France Insoumise.  

C’est-à-dire ?  

Un député La République En Marche, ancien socialiste et expert en conflits sociaux me confiait : 

Pour le chef de l’Etat, la convergence des luttes est … verticale. 

"Verticale", c’est à dire catégorielle.  Plutôt que sur les grandes manifestations interprofessionnelles, le chef de l’Etat préfère se concentrer sur le malaise de la Justice, en tant que telle qui met dans les rues, les avocats, les magistrats ou les greffiers. 

Il préfère traiter les problèmes du secteur de la Santé où l’on voit manifester ou pétitionner des médecins, des patrons d’hôpitaux aux côtés des infirmiers et des aides soignants. 

Comme à l’Université, aussi, où face aux opposants à la réforme, il y a des étudiants, des professeurs ou des directeurs qui la soutiennent mais qui demandent des moyens.   

Quelles conséquences a cette vision « présidentielle » de la convergence des luttes ?  

Emmanuel Macron espère ainsi segmenter les luttes et les affaiblir. C’est pour cette raison qu’il met en première ligne les ministres et pas Matignon et encore moins l’Elysée. Les cheminots qui claquent la porte d’Elisabeth Borne, la ministre des Transports, pour négocier directement avec Edouard Philippe ? C’est niet.  

Idem avec Nicole Belloubet, la Garde des Sceaux ou Agnès Buzyn en charge de la Santé. Ça avait tellement bien marché avec Nicole Pénicaud et la réforme du code du Travail ! 

Les fameux ministres trop techniques pour être vraiment politiques ? Peut-être. Mais c’est aussi la méthode d’Emmanuel Macron pour éviter de nationaliser les conflits. Son coupe-feu face  à une éventuelle convergence des luttes.

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