Quel est le scrutin, à l’échelle nationale, qui suivra les Européennes ? Les municipales, bien sûr, en mars 2020. C'est l'histoire politique de Jannick Alimi de ce mercredi matin.

Même si la campagne n’est pas vraiment lancée, les européennes auront bel et bien lieu du 23 au 26 mai. Pourtant les partis politiques ont d’autres préoccupations. Mais à quoi pensent-il ? Quel est le scrutin, à l’échelle nationale, qui suivra les Européennes ? Les municipales, bien sûr, en l’occurrence en mars 2020. Des élections ô combien stratégiques pour les partis politiques. Ceux bien ancrés dans les territoires et forts de milliers d’élus, comme Les Républicains qui en 2014 ont repris plus de 150 villes de plus de 9000 habitants à la gauche. Le parti socialiste conserve quelques bastions comme Lille, Rennes, Nantes ou Angers. Mais le scrutin est tout aussi crucial pour des partis sans relais ni réseau comme La République En Marche

Je ne dis pas cela. Surtout, dans le contexte actuel de crise des "gilets jaunes" et de sortie du grand débat. Les Européennes seront bien sûr un test pour Emmanuel Macron mais aussi pour les oppositions. Le niveau des scores sera, on s’en doute, déterminant. Patrick Kanner, le président des sénateurs socialistes me disait : "Si faisons moins de 6 % aux élections municipales, notre disparition de la carte politique, ne sera pas qu’une simple hypothèse. Au plan local comme national". Mais il y a plus que le niveau des résultats, il y a aussi leur hiérarchie. Ce n’est pas le même signal qu’enverront les électeurs s’ils mettent le Rassemblement national devant et même juste devant la République en Marche ou si Place Publique/PS devance ne serait-ce que d’un point les Ecolos.  

L'ordre d'arrivée aux Européennes très important pour la suite

Dans la perspective des municipales, l'ordre d'arrivée aux Européennes et primordial. Tous les partis vont devoir nouer des alliances pour conquérir ou garder une ville et décrocher la place de maire. La République en Marche a déjà engagé de discrètes négociations avec des maires en place de droite ou de gauche dans quelques villes du pays. 

Idem pour le parti de Marine Le Pen qui cherche à se rapprocher d’élus locaux LR ou Debout la France. Pour quelle raison Yannick Jadot tête de liste des Verts et Manon Aubry son homologue de la France Insoumise bataillent-ils aussi durement ? Parce que à un mois et demi du scrutin, tout est encore possible. Et comme l’explique un sondeur, "même si aucun des deux ne réalise de score extraordinaire, mieux vaut arriver en tête des deux listes. Car pour négocier au moment de la constitution de majorité de projet aux municipales, mieux vaut avoir été en position de force lors des Européennes." Vous voyez : quand l’échiquier politique se transforme en billard à plusieurs bandes.

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