En cette fin d'année, j'ai décidé de dresser votre liste de gagnants et de perdants politiques de cette année 2013 au gouvernement et dans l’opposition. On commence par la gauche.

And the winner is… Jean-Marc Ayrault. Une véritable résurrection. Le Premier ministre a réussi un coup de poker inattendu en annonçant une réforme fiscale et du même coup en sauvant sa peau. Jean-Marc Ayrault a prouvé là un talent certain de tacticien. C’est d’ailleurs, on l’a un peu trop vite oublié, ce qui lui a permis de se maintenir à la tête du groupe des députés socialistes pendant 15 ans ! Il serait hasardeux cependant d’affirmer que son bail est durablement prolongé. Mais ceux qui connaissent François Hollande savent que contrairement à son slogan de campagne, il n’aime pas tant le changement… dans ses équipes en tout cas… et qu’il ne serait pas contre garder Ayrault aussi longtemps que possible.

Ce qui ne va pas ravir Manuel Valls qui ronge son frein. Ça peut paraître paradoxal tant la cote de popularité du ministre de l’Intérieur est enviable mais Manuel Valls est le perdant à gauche de cette année écoulée. Politiquement perdant s’entend. Son grand dessein est d’arriver à Matignon. Sur un CV de futur candidat à la présidentielle, c’est une ligne qui peut faire la différence. En novembre, au moment le plus critique pour Jean-Marc Ayrault, il a même appelé discrètement certains ministres pour les courtiser et connaître leurs intentions s’il était appelé à le remplacer. Mais l’hypothèse de sa nomination est à ce jour, et même pour ceux à venir, très hypothétique. Pour deux raisons : d’une part il est très clivant à gauche et d’autre part cela voudrait dire que François Hollande décide de se passer du soutien des Verts. Ce qui n’est pas une mince affaire. Car Cécile Duflot et les siens le disent à qui veut l’entendre : ils refuseront de faire partie d’un gouvernement Valls.

A droite maintenant deux perdants ex-æquo :

François Fillon et Jean-François Copé qui espéraient profiter de 2013 pour se refaire une santé politique en sont pour leurs frais. Le président de l’UMP dégringole dans les sondages. Sa tentative de reprise en main du parti se révèle être une impasse. Les écuries ont remplacé le parti. Copé a beau proclamer son leitmotiv «ce qui nous rassemble est infiniment supérieur à ce qui nous divise », ce qu’on voit surtout aujourd’hui c’est ce que les prétendants à la future primaire cultivent leurs différence. Pour se consoler, Jean-François Copé peut regarder du côté de son ennemi juré François Fillon. Avec ses propos ambigus sur le Front national et son incapacité à structurer ses soutiens, il a ruiné le capital qu’il avait acquis pendant cinq ans à Matignon. Un beau gâchis.

Et pendant ce temps, deux vieux lions se frottent les mains !

Même s’il est officiellement hors compétition, Nicolas Sarkozy se maintient sur le podium. Il n’a jamais été aussi présent tout en cultivant son absence. Mais la vraie surprise vient d’un autre vieux briscard de la politique. J’ai nommé Alain Juppé. Alors certes il est très loin dans les sondages derrière l’ancien chef de l’Etat mais il fait la course devant François Fillon. Et même si à force d’en parler, on a l’impression que 2017 c’est demain, il reste trois ans et demi avant la prochaine présidentielle. Tout est donc possible y compris le come back d’un ancien Premier ministre que les Français honnissaient il y a quelques années seulement.

Un Premier ministre en exercice ressuscité, provisoirement en tout cas, et un autre, plus ancien, qui pourrait l’être. Il n’y a pas que le père Noël qui réserve des surprises. La politique aussi a son lot !

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