2016, l’année de tous les dangers : c’est ainsi qu’à droite comme à gauche, beaucoup qualifient l’année politique à venir.

D’abord parce que l’année 2016 sera une année sans élection avant, évidemment, la présidentielle l’année suivante.

Or, paradoxalement, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle pour les deux camps. Car une campagne électorale, cela permet de fustiger l’adversaire, de mobiliser son camp et de galvaniser ses troupes. En 2016, il n’y aura pas le moindre scrutin à se mettre sous la dent pour resserrer les rangs et c’est un danger qui pèse d’abord sur la droite.

La droite va pourtant voter puisqu’il y aura une primaire à l’automne prochain pour désigner son candidat à la présidentielle. Mais c’est la plus dangereuse des compétitions puisqu’il s’agit d’une compétition interne. Les adversaires se connaissent sur le bout des ongles et sont prêts à tout, vraiment à tout, pour supplanter le faux frère. Surtout ceux qui sont à la traîne dans les sondages.

Par exemple, François Fillon : chez les sarkozystes, vous savez comment on surnomme l’ancien Premier ministre ? « Human Bomb » ! La « bombe humaine », carrément. « S’il voit qu’il n’a plus aucune chance, il préfèrera se faire péter plutôt que de laisser Sarkozy l’emporter », glisse un dirigeant du parti. Pas vraiment élégant...

Fillon, lui, considère que Sarkozy est désormais un « candidat hors sol ». Il vit coupé de la réalité, dans « sa bulle avec Carla » et ne comprend plus rien à la France et aux Français.

La preuve, une de plus, avec cette folle escapade dans la tribune présidentielle au soir du second tour des régionales pour assister à un match de foot du PSG. On ne peut pas dire que Sarkozy fasse preuve de beaucoup plus de mansuétude à l’endroit de Juppé : « Un vieillard de gauche ! Je ne pouvais pas rêver meilleur adversaire », rigole-t-il en privé.

On le voit, l’année 2016 de la droite sera bel et bien l’année de tous les dangers.

A gauche, cela devrait être plus paisible. Après les régionales, François Hollande s’est imposé à son camp comme candidat évident pour un second mandat.

Certes, Hollande est déjà le candidat des socialistes. Mais il n’est pas encore le candidat de la gauche, loin de là. L’Elysée a abandonné l’idée de ramener Jean-Luc Mélenchon à de meilleurs sentiments.

Le grand projet de François Hollande en 2016, ce sera donc d’éviter une candidature écologiste, en l’occurrence celle de Cécile Duflot, qui le priverait définitivement de l’espoir d’accéder au second tour en 2017.

Dès la fin janvier, le premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis, lancera donc ce qu’il appelle sa « nouvelle alliance populaire » pour essayer de rassembler ce qui reste de forces à gauche.

Car à gauche comme à droite, le principal danger qui pèsera sur l’année 2016, c’est celui de l’éparpillement. Pour sonner le tocsin, Hollande répète que « la dispersion, c’est la disparition ». Surtout quand à l’extrême droite, l’heure est à l’ébullition.

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