Souvenez-vous de Noël dernier. On vous aurait probablement traité de détraqué si vous aviez annoncé que l’année 2020 se conclurait en France avec 62 000 morts d’une maladie mal connue, 180 milliards d’euros de dettes supplémentaires, et un pays gouverné à coups de Conseils de défense…

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Antoine Gyori /Corbis

L’avantage du chaos permanent dans lequel nous sommes plongés depuis bientôt neuf mois, c’est qu’il transforme les évidentes mauvaises nouvelles politiques en petits faits divers insignifiants.

Voilà pourquoi personne ne semble s’être rendu compte que 2020 aura peut-être été pire encore pour la macronie que pour la France ! Il faut tirer le bilan politique de la majorité cette année pour mesurer la profondeur de l’abîme : lors des municipales, même alliée avec la droite, la république en Marche n’a pas réussi à gagner une seule grande ville. 

L’ancien Premier Ministre Edouard Philippe a été remercié, et ne cesse depuis lors de gagner des points dans l’opinion. Le groupe majoritaire à l’Assemblée nationale poursuit quant à lui son douloureux délitement avec 45 départs de député depuis juin 2017.    

Et ce ne sont pas les seuls égarés de la macronie… 

Il y a eu aussi cette moisson de piliers politiques emportés pas le remaniement ou les frasques de l’actualité. On a à peine eu le temps de leur dire au revoir. Il faut évidemment citer Benjamin Griveaux, Muriel Pénicaud, Sibeth Ndiaye, Nicole Beloubet, Gérard Colomb, Agnes Buzyn… Et rien n’indique que le surgissement de Jean Castex, le retour de François Bayrou ou le reclassement de Christophe Castaner ne parviennent à nous consoler totalement de ces disparitions politiques. 

D’ailleurs le Président de la République lui-même n’est plus le même homme. Il s’est converti à la dette publique, a remballé sa réforme des retraites, soigneusement rangée dans le même placard que sa réforme des institutions promise de longue date.    

Un petit conseil à offrir ce matin ?

Oui, un petit conseil amical à notre-président-convalescent : réunissez un conseil de défense et décrétez un passage direct à l’année 2022. Parce qu’on sait déjà 2021 sera assez  « bof ». En plus, l’intérêt de passer à 2022 c’est que c’est une année d’élection présidentielle. L’opposition - qui n’est à peu près pour rien dans l’année de chaos que vient de traverser le Président de la République - reste accaparée par des questions fondamentales comme la manière de se choisir un chef ou la manière de faire du populisme sans en avoir l’air. Si le Président de la République ne peut plus trop compter sur ses amis, il peut toujours compter sur ses adversaires pour l’aider… C’est sans doute cela l’esprit de Noël.

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