Inquiétons-nous pour la santé de « l'Alternative », le parti lancé cet automne par les duettistes du centre, Jean-Louis Borloo et François Bayrou.

pour jean-pierre raffarin, le duo borloo-bayrou est une équipe b
pour jean-pierre raffarin, le duo borloo-bayrou est une équipe b © reuters

Je voulais même lancer ce matin une alerte enlèvement. Cela fait un mois maintenant que les centristes ont disparu de la vie politique. Plus aucune trace sur les écrans radars, introuvables, envolés, perdus de vue. Comme disait Jacques Chirac : pschitt ! Les Dupond et Dupont du centre, comme on les surnomme parfois méchamment à l'UMP, n'ont vraiment pas de chance : François Bayrou, vous vous en souvenez, s'était fracturé la main en escaladant une grille. Et maintenant c'est Jean-Louis Borloo qui est cloué au lit jusqu'à l'été, en arrêt-maladie, à cause d'une pneumonie. En clair, pour les élections, ne comptez pas sur lui. Pour son parti, l'Alternative, c'est la méga tuile. Les centristes, qui étaient crédités de 11% des voix aux européennes, avaient quand même de bonnes raisons de penser qu'ils pouvaient créer une petite surprise, un peu comme Bernard Tapie en 1994.

Mais il y a encore plus significatif. Parce que Borloo, qui a 62 ans, aurait carrément un gros coup de blues, envie de tout plaquer et même de quitter la vie politique ! Il faut dire que ça demande beaucoup d'énergie de rassembler les centristes. Comme dit François Bayrou, qui en connaît un rayon, « c'est comme conduire une brouette pleine de grenouilles qui sautent dans tous les sens ». Et comme dit Sarkozy, qui connaît bien son Jean-Louis, « Borloo, il est fait pour diriger un parti comme moi pour être moine-trappiste ! » Cette grosse déprime de Borloo, justement, inquiète beaucoup les sarkozystes. Parce que du coup, c'est François Bayrou qui est en train de mettre la main sur le centre ! Et Bayrou, pour eux, ça reste le « traître », l'homme qui a appelé à voter pour François Hollande. Or, il se trouve que Bayrou, qui avait absolument tout perdu, est en train de réussir son come-back à Pau. Il a toutes les chances de gagner aux municipales. Il veut déjà en faire son tremplin pour la présidentielle. Et tout ça, ironie de l'histoire, grâce au soutien que lui a apporté l'UMP.

Mais un soutien contraint et forcé d'après Jean-François Copé, qui accuse les élus béarnais de l'UMP de lui avoir forcé la main. Voilà ce qu'il en disait il y a quelques jours sur RTL:

Si Jean-François Copé a autant besoin de se justifier, c'est parce qu'il sait très bien que Nicolas Sarkozy est furieux. Furieux après lui, furieux après Alain Juppé, furieux après tous ceux qui ont eu l'excellente idée d'aider François Bayrou à se refaire une santé.Pourquoi ? Parce que l'ancien président ne veut pas entendre parler de candidature centriste à la prochaine présidentielle. Borloo, il savait très bien comment lui parler, comment le dissuader. Mais Bayrou, c'est une autre affaire : il est incontrôlable ! Ce n'est pas pour rien donc que Nicolas Sarkozy réfléchit sérieusement à rencontrer le patron du MoDem pour fumer le calumet de la paix. En clair, c'est ce qu'on appelle aller à Canossa.

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.