annulation de la mise en examen de martine aubry dans le dossier de l’amiante
annulation de la mise en examen de martine aubry dans le dossier de l’amiante © reuters

Maintenant que les frondeurs ont fait trembler le gouvernement, au PS, tous les regards se tournent vers Martine Aubry. Soit elle rentre dans la bataille du prochain congrès du PS en juin, et cela peut faire tomber Manuel Valls ; soit elle rentre dans le rang.

C'est donc l'heure des choix.

Problème : Martine Aubry déteste trancher. A priori, son cœur penche plutôt du côté des frondeurs, ces socialistes qui ont bataillé contre la loi Macron. Le travail du dimanche jusqu'à 12 fois par an, pour elle, c'est une erreur, c'est une mesure de droite. On sent qu'elle a de l'estime pour ces frondeurs.

Au point qu'elle les rebaptiserait volontiers. C'était en septembre dernier, sur France Inter :

La logique voudrait donc qu'elle les soutienne au congrès du PS, en juin. Et elle a un boulevard devant elle. L'aile gauche du PS, qui est divisée en un paquet de sensibilités, qui n'a pas de leader naturel, n'attend que ça. Aubry, c'est la tête d'affiche idéale.

Seulement, l'ancienne rivale de Hollande à la primaire est hésitante. Elle leur dit : attendez, je donnerai ma réponse après les élections départementales de mars.

Pourtant, le plus probable, c'est qu'elle rejoindra l'autre camp, le camp majoritaire, derrière le premier secrétaire Jean-Christophe Cambadélis, qui soutient le gouvernement.

C'est, certes, un peu incohérent avec ses positions, mais il y a plusieurs raisons à cela.

D'abord, elle sait que si elle prend la tête de l'opposition interne au Parti, tout le monde va dire : ça y est, Aubry prépare sa candidature pour la présidentielle de 2017. Et, à 64 ans, ce n'est plus son sujet. Et Aubry est légitimiste.

En plus, elle n'a aucune envie de se retrouver dans le même bateau que Benoît Hamon, avec qui elle s'est brouillée . Hamon, c'était son protégé. Elle l'appelait: « Son petit Ben ». Elle lui reproche son attitude, ses zigzags depuis que la gauche est pouvoir. En avril, Hamon s'est allié à Valls pour le porter à Matignon. Valls, je le rappelle, c’est la bête noire de Martine Aubry. Ensuite, Hamon a tiré à boulets rouges sur Valls, à Frangy-en-Bresse, en août.

Elle a enfin des préoccupations locales, qui sont pour elle plus urgentes que d'aller prendre la tête de la rébellion.

Aubry était la reine incontestée du Nord. Ce n'est plus le cas. Elle a perdu la communauté urbaine, en avril. Elle a vu pas mal de ses proches camarades la quitter. Elle a dû appeler auprès d'elle, en renfort, l'ancien ministre François Lamy, qui était élu dans l'Essonne.

Aubry est préoccupée par l’offensive de Patrick Kanner, l'actuel ministre de la Ville, qui est toujours fourré à Lille. Cet ancien soutien de Pierre Mauroy lorgne sur la succession d’Aubry en 2020. Ca met Aubry hors d'elle!

Aubry est donc bien mal à l'aise avec cette histoire de congrès. Maintenant, s’il y a un remaniement ministériel en avril, et que ses amis se retrouvent au gouvernement à de bons postes, ce que peut leur proposer François Hollande pour rassembler la famille socialiste, le choix pourrait se révéler plus indolore que prévu.

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