Par Albert Zennou

Bruno Le Maire s’est déclaré hier soir candidat à la primaire de la droite et du centre en novembre prochain. Il veut renvoyer ses concurrents à l’ancien monde politique et amener un vent nouveau sur la droite. Mais pour l’instant Bruno le maire ne décolle toujours pas dans les sondages.

Bruno Le Maire
Bruno Le Maire © MaxPPP/Frédéric Dugit

Le Maire brouille-t-il le jeu de la primaire ? Jusqu’à présent, on ne peut pas dire que l’ancien ministre de l’Agriculture fasse des éclats. Chez ses adversaires, il est de bon ton de railler sa candidature… mais en privé . Car Le Maire est convoité par tous les prétendants à la victoire. Comme le rappelle constamment Nicolas Sarkozy, une élection, c’est avant tout une dynamique, avant d’être de la mathématique. Pour illustrer son propos, il me confiait, lors d’un petit déjeuner avec d’autres journalistes, qu’il fallait avoir en tête trois chiffres en vue de 2017 : 1,5, 10 et 20.

« 1,5 millions de voix pour gagner la primaire, 10 millions pour être au second tour de la présidentielle et 20 millions pour remporter l’élection ».

Dans cette perspective, Le Maire est le candidat idéal pour Matignon. Son score lui suffit à gagner les cœurs de Sarkozy, Juppé ou Fillon. Un membre de la galaxie Sarkozy me disait hier, féroce : « Le Maire, c’est l’image sans le message ». Un autre flingueur sarkozyste me déclarait quelques jours plus tôt : « Le Maire se revendique énarque défroqué, mais finalement on ne retient que le mot énarque. Il se veut le candidat antisystème, mais il n’est absolument pas crédible dans ce rôle ».

A droite, les couteaux sont donc tirés. Pour les sarkozystes, l’heure est à l’ironie sur « le renouveau, c’est Bruno ». L’un d’eux me soufflait récemment qu’il voyait en Le Maire « le plus jeune des vieux. Il veut être le renouvellement, mais il ne l’incarne pas ». Chez Fillon, on est guère plus optimiste sur l’avenir de Le Maire « Celui qui va s’écrouler, c’est Bruno , m’assurait la semaine dernière un conseiller de Fillon. « Il n’a pas d’espace politique. Il n’a pas fait la preuve de son talent politique quand il était au gouvernement. Il n’a pas fait son parcours initiatique » . Le voilà rhabillé pour l’hiver !

Une autre candidature pourrait troubler encore un peu plus le jeu des prétendants à droite : c’est Nathalie Kosciusko-Morizet. L’ex numéro 2 des Républicains se déclarera le 8 mars, le 8 mars qui est… la journée de la femme. Vous avez vu l’allusion… Si la détestation de Sarkozy à son endroit est bien réelle, NKM présente un avantage non négligeable à ses yeux : elle ne lui prendrait que très peu de voix, empièterait sur les plates-bandes de Juppé et Fillon et surtout permettrait aux Républicains d’avoir une femme candidate, ce qui en 2016 serait quand même la moindre des choses.

Petit problème : il faut pour être candidat avoir au moins le parrainage de 20 parlementaires. Ce qui, pour elle, est loin d’être acquit. Mais en politique, on le sait, tout problème à sa solution et les ennemis de la veille peuvent devenir les alliés du lendemain. Dans l’entourage de Sarkozy, on me dit qu’ils ne feront rien pour elle tout en étant persuadé qu’elle y parviendra bien toute seule. En d’autres termes : les parrainages, ça se trouve… ou ça se donne.

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