Agnès Buzyn et Rachida Dati viennent de dévoiler leur programme. Et comme dans Les Demoiselles de Rochefort, elles jouent aux sœurs jumelles. Dans le "JDD", la première présente ses deux priorités qui sont "la sécurité et la propreté". Dans le "Parisien", la seconde promet une ville "sûre et propre".

Rachida Dati et Agnès Buzyn
Rachida Dati et Agnès Buzyn © AFP / Antonin Burat / Hans Lucas /// Christophe ARCHAMBAULT

La candidate d’Emmanuel Macron annonce que son premier adjoint sera chargé de la sécurité et de la tranquillité. La candidate LR veut un adjoint aux victimes dans chaque arrondissement. Toutes deux s’accordent également sur la création d’une police municipale armée. 

Un match qu’Anne Hidalgo arbitre depuis le haut des sondages qui la donnent toujours favorite de l’élection. Selon elle, il y aurait un point commun entre ses deux adversaires, quelque chose, je cite, "qui relève du conservatisme".

Mais Rachida Dati et Agnès Buzyn, ce n'est pas bonnet blanc et blanc bonnet

L’ancienne ministre de la Santé envoie certes de larges signaux de fumée à la droite, comme le déplore le dissident Cédric Villani, lui-même en manque d’oxygène. Elle va même jusqu’à tendre la main à Valérie Pécresse. 

Mais la remplaçante de Benjamin Griveaux tente aussi un "en même temps" parisien. Ainsi remet-elle en cause la fermeture brutale des voies sur berges mais fait de l’adaptation écologique l’une de ses priorités. 

De son côté, Rachida Dati n’hésite pas à mordre très à droite, lorsqu’elle affirme que la fusillade raciste de Hanau est directement liée à la politique migratoire d’Angela Merkel. 

Comme on le résume à gauche, Dati contre Buzyn, c’est "la droite Pittbull face à la droite Labrador". 

Faudra-t-il tirer des conséquences nationales de ce duel ? 

A ce stade, aucune des deux n’a construit l’alliance qui lui permettrait de prendre Paris. Mais cet affrontement va laisser des traces. D’abord parce que le 9 mars prochain, Nicolas Sarkozy doit se lancer dans la bataille en soutenant Rachida Dati. 

Par candidates interposées, se prépare donc le premier véritable choc entre l’ex de l’Elysée et Emmanuel Macron. 

Proche de Sarkozy, François Baroin a lancé la première salve dans le Figaro en affirmant que "Le 'en même temps' n’est pas possible partout, il faut des lignes, de la clarté". 

L’attaque est plutôt timide. Car même si la popularité d’Emmanuel Macron dans l’électorat de droite s’effrite, les LR hésitent à insulter l’avenir. Une deuxième place de Rachida Dati, devant Agnès Buzyn le 15 mars prochain leur permettrait déjà de retrouver un peu de leur honneur perdu, trois ans après le naufrage de François Fillon.

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