On entre en précampagne. Et cela se traduit par une floraison de sondages sur les intentions de vote et les côtes des personnalités…

Marine le Pen peut avoir le sourire. Selon un sondage Louis Harris, elle a rattrapé une partie de son retard sur Emmanuel Macron, qu’elle retrouverait au second tour.

Ce résultat inquiète bien sûr les macronistes. Mais qu’ils se rassurent ! L’enquête de l’institut Ifop donne, elle, le président et son premier ministre a des taux de bonnes intentions autour de 50%. Enorme ! 

Est-ce que c’est l’effet « tous derrière le capitaine » ? Est-ce que c’est parce que le pouvoir a refusé le confinement national ? Chacun se fera sa petite idée. 

En tout cas, il y a des sondages sur tout. A droite, Xavier Bertrand est en tête des prétendants… Pendant ce temps-là, Eric Zemmour est testé pour la première fois mais ne fait pas une percée… Quant à la gauche, les sondages montrent que ses divisions internes la conduisent droit dans le mur… 

Que veulent dire ces sondages à 14 mois de la présidentielle ?

A prendre avec des pincettes ! A la même période, il y a cinq ans, les sondages donnaient Alain Juppé large vainqueur à droite. Puis, gagnant face à Marine le Pen et à François Hollande…. 

Cela rend modeste ! Pour autant, les sondages actuels vont être déterminants dans la course à l’Elysée. Parce qu’ils vont établir les rapports de force… 

A cause de l’épidémie, la vie politique a perdu tous ses autres repères. Il n’y a plus de bain de foule au salon de l’agriculture pour tester sa popularité. Il n’y a plus de manifestations dans les rues pour aligner des bataillons. 

Plus de meeting, non plus. Souvenez-vous de la démonstration de force d’Emmanuel Macron à la Mutualité, elle avait lancé une dynamique. Démoralisé ses rivaux. 

Ces sondages ne sont pas prédictifs pour autant. Ils ne le sont jamais, mais ce qui les rend plus crédibles, cette fois, c’est que le casting semble en train de se cristalliser. A cause de la crise sanitaire, le débat politique est figé et pour un bon moment.

Résultat, l’hypothèse d’un candidat loufoque à la Coluche s’éloigne. Comme celle d’un outsider qui se lancerait ni vu ni connu. 

L’opposition a déjà du mal à se faire entendre face à Emmanuel Macron, qui concentre l’attention avec des prises de parole devant 30 millions de téléspectateurs… Alors pour les prétendants en embuscade, c’est devenu mission presque impossible.

Dans ces circonstances, les sondages sont en train de jouer plus que jamais un rôle de faiseur de rois !

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France
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