Après les mauvais résultats du premier tour de la primaire dimanche, les critiques commencent à fuser en interne...

Manuel Valls lors de son discours apres le résultat du premier tour de la primaire de la gauche
Manuel Valls lors de son discours apres le résultat du premier tour de la primaire de la gauche © Maxppp / Quentin Veuillet /Wostok Press

Par Marcelo Wesfreid

J'étais dimanche à la maison de l'Amérique latine, avec les soutiens de Valls. Ce qui m'a le plus frappé, c'est que certains commencent déjà à pointer des responsables, des coupables, alors qu'on sort à peine du premier tour.

Un parlementaire, par exemple, m'a dit : "dans ma circonscription, ça a voté à fond pour Valls. Alors, pourquoi les autres députés ont fait des scores pourris? Pourquoi ils n'ont pas fait le job ? Pas distribué de tracts?"

Plus grave. Certains s'en prennent déjà à Didier Guillaume. C'est le directeur de campagne. On dit de lui, que c'est un dilettante. Il est sympa mais il ne répond pas aux appels, il ne prend pas de notes pendant les réunions importantes, il n'envoie pas d'argumentaires aux camarades qui vont sur les plateaux télé. Voilà ce qu'on entend. Sympa l'ambiance!

Mais il y a aussi d'autres boucs-émissaires: les collaborateurs de Manuel Valls. C'est une petite bande de conseillers, de jeunes conseillers, qui le suit depuis toujours. Ils se prennent pour des « cow boys », m'a-t-on dit, c'est un vrai « clan ».

Mais la palme, celui qui prend le plus cher, c'est Yves Colmou. Vous ne le connaissez pas. C'est un homme de réseaux, un peu florentin. Il a été le conseiller politique de Valls à Matignon. Très très discret comme personnage. On lui prête beaucoup d'influence. C'est lui qui aurait convaincu Valls de prôner l'interdiction du 49-3. En vérité, personne n'en sait rien.

Mais il est pointé. Avec ce petit commentaire assassin : « Il a fait chuter Rocard, puis Jospin, maintenant Valls ». On fait référence au fait qu'il a conseillé Rocard, et qu'il était avec Jospin pendant la présidentielle de 2002, quand Jospin avait dérapé sur le fameux Chirac, vieilli, usé, fatigué...

Ces paroles assassines, dans le camps Valls, qu’est-ce qu’elles révèlent ?

Les règlements de compte, c'est normal. Surtout quand vous c'est dur, quand vous étiez, potentiellement, le favori. Mais ce que dit la précocité de ces règlements de compte, - on est avant le second tour -, c'est que beaucoup n'y croient plus.

Ils voient les ralliements. Ils voient les écarts. Ils trouvent Valls tendu. Ils se disent, c'est la fin.Du coup, ca vient encore compliquer la tâche de Valls, qui va devoir remobiliser d'urgence son équipe de campagne.

C'est ce qu'il commence à faire en multipliant les réunions, hier et aujourd'hui. Et il change, vous l'aurez remarquer, totalement de tonalité, dans sa campagne, comme hier, où il a lâché ses coups à la télé. Il boxe maintenant comme un challenger. Valls descend enfin dans l'arène. ON verra dimanche, si cela aura été suffisant.

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