Si la cote de popularité d’Emmanuel Macron est en hausse ces derniers jours, le désamour avec les Français reste profond. Le président est-il conscient de cette crise de confiance ?

Bien sûr ! Mais ce n’est pas plus d’amour que le chef de l’Etat recherche c’est une plus grande légitimité. Depuis la crise sanitaire, la « certaine idée de la France » sur laquelle s’est fait élire Emmanuel Macron en 2017 est devenue caduque. Mais alors comment continuer à réformer si la légitimité des ces réformes, même impopulaires, était fondée sur le contrat passé avec les électeurs lors de la présidentielle ? Avant lui, Mitterrand en 1986 et en 1993, Chirac en 1997, Sarkozy après la crise financière puis Hollande avec son tournant libéral de 2014, avaient échoué. Alors pour trouver un nouveau chemin, le président consulte. Les anciens présidents de la République, les présidents des assemblées parlementaires, du Conseil constitutionnel, les syndicats, les maires et les citoyens au sein de la Convention pour le climat… 

Se remettre en cause, c’est plutôt une bonne réaction

Se ressourcer, gouverner moins à la verticale, c’est utile et démocratique. Mais ca peut être aussi la preuve qu’on a perdu le sens de sa propre politique. Pour l’Elysée, le chemin est étroit. Car il n’est pas question, pour des raisons de légitimité justement, de renier totalement le projet de 2017. D’où la réforme des retraites qui resurgit dans les propos de certains macronistes. Mais il faut aussi à l’exécutif défricher d’autres continents.

L’Elysée va lancer trois chantiers

Le premier consiste à s’assurer au Parlement des « majorités de projet ». La première concrétisation  serait un grand volet de décentralisation sur lequel planche… la droite sénatoriale. Le second chantier est celui de la concertation sociale, et le Ségur de la Santé en est l’exemple type. Enfin, le recours au suffrage universel serait le dernier étage de cette re-légitimisation, avec le référendum sur l’Ecologie. A l’Elysée, on parle de « ventre harmonique » pour cette fin de quinquennat. Avec probablement un nouvel orchestre, c’est à dire un nouveau gouvernement. Quel chef d’orchestre sera à la baguette ? Réponse dans quelques jours. Ce vaste mouvement sera-t-il suffisant pour remettre le compositeur Macron au diapason avec les Français ? Il a moins de deux ans pour retrouver le « la »… 

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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