Après quelques jours compliqués, le Premier ministre Jean Castex essaie de reprendre la main avec une nouvelle communication et un mea culpa…

Jean Castex en juillet 2020
Jean Castex en juillet 2020 © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Hier, avec d'autres journalistes du Parisien, j'ai pu m'entretenir avec Jean Castex. Il nous est apparu assez lucide, même assez cash sur les cafouillages. Il nous a dit : « S’il y a quelque chose qui ne va pas, c’est de ma responsabilité ; je l’assume ».

En gros, les règles confuses, les messages contradictoires ce week-end, les restrictions kilométriques pas toujours claires : ne cherchez pas ailleurs, c’est lui ! D’ailleurs, impossible de lui faire dire du mal d’un de ses ministres. On a essayé. Ou d’un haut fonctionnaire. 

Non, Jean Castex n’est pas du genre à se défausser : y compris sur la fameuse attestation de deux pages, qui n’est plus obligatoire en journée. Figurez-vous, c’est ce qu’il nous a confié, qu’il n’avait pas vu le document avant publication. Mais il endosse le résultat. Et les conséquences. 

C’est le retour du premier ministre paratonnerre…

C’est ce que recherchait Emmanuel Macron en le nommant, il y a neuf mois. Un connaisseur de l’Etat sans ambition présidentielle, un élu de terrain qui prenne la foudre à sa place, jusqu’à la présidentielle. D’ailleurs, le premier ministre répète souvent cette phrase : je ne cherche pas être populaire.

Jean Castex accepte de faire machine arrière. Regardez, il avait un slogan pour résumer l’esprit de son confinement light. C’était « freiner sans empêcher ». Or, cela n’a pas du tout imprimé. Alors, il l’a abandonné. 

Et il a dit, lundi soir, à ses ministres. Maintenant ce sera : « dedans avec les miens, dehors en citoyen ». En gros, pas de déjeuner entre potes mais vous sortez sortir vous balader en forêt !

Et aujourd’hui, en conseil de défense, quelle est la ligne que va défendre Jean Castex ?

Il est dans le camp des durs, il n’a pas peur de proposer des mesures assez restrictives. Hier, il n’écartait pas l’hypothèse que de nouveaux territoires puissent rejoindre les 16 départements concernés par la fermeture des magasins. 

Il ne veut pas baisser la garde non plus à l’approche des fêtes de Pâques. Sa recommandation ? Pas d’invités pour la chasse aux œufs. Juste les gens du foyer. En clair, et il le reconnaît en privé, il est le Monsieur mauvaises nouvelles.

Ce n’est donc pas un hasard si celui qui a annoncé hier l’extension de la vaccination à une nouvelle classe d’âge et l’arrivée d’un quatrième vaccin dans quelques jours s’appelait non pas Jean Castex, mais Emmanuel Macron. 

L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Parisien / Aujourd'hui en France