Les politiques se sont emparés du sujet brûlant des jeunes Français qui partent faire le djihad avec beaucoup de démagogie.

Pendant longtemps, la classe politique a observé un silence assez gêné et impuissant sur ce phénomène qui prend de l'ampleur. Mais ce consensus, il vient de voler en éclats. Et, autant vous le dire, c'est la foire aux approximations, la course à l'échalote aux propositions démagos et populistes. Je vous propose un petit « fact-checking » pour dégommer certaines contre-vérités.

Marine Le Pen, qui fait le lien entre immigration et djihadisme. C'était en juin sur France Info :

arrestation en france de quatre personnes liées aux filières djihadistes
arrestation en france de quatre personnes liées aux filières djihadistes © reuters

Alors, n'en déplaise au FN, les djihadistes français, qui sont actuellement 376 en Irak et en Syrie, ne viennent pas forcément des quartiers difficiles. Prenez Maxime Hauchard, il vient d'un village de l'Eure, donc des prairies normandes. D'autres viennent du Tarn, de Nantes, Toulouse, et ils ne s'appellent pas tous Mohamed, mais Quentin, Flavien ou Nicolas. Absolument toutes les catégories sociales sont concernées.

Et dans l'écrasante majorité, ces gamins ont grandi dans des familles athées. D'ailleurs, un quart se serait converti depuis peu à l'islam. Bref, d'après les experts, ça touche des adolescents fragiles de tous les milieux, qui cherchent un sens à leur vie.

Il y a aussi Nicolas Dupont-Aignan qui veut rouvrir le bagne de Cayenne !

Dire ça, déjà, c'est laisser entendre que la justice reste les bras croisés. C'est faux. Les djihadistes, à leur retour, sont pris en charge par les services de renseignement, mis en examen, placés en détention etc.

Quant à rouvrir Cayenne, je rappelle qu'on est un Etat de droit qui ne pratique pas la prison à vie. On a vu ce que ça a donné à Guantanamo, de façon assez inefficace d'ailleurs, puisque beaucoup de prisonniers ont été libérés dans l'hypocrisie la plus totale.

Non, la vraie question, c'est celle de la réinsertion des djihadistes. Et la plus réaliste, c'est Valérie Pécresse . On l'écoute :

C'est ce qu'on appelle des ateliers de déradicalisation. Cela existe en Allemagne, en Angleterre ou en Belgique : des djihadistes sont pris en charge en marge de la prison par des imams, des psychologues pour les désendoctriner, comme les adeptes d'une secte.

Dit comme cela, cela peut sembler angélique, mais c'est beaucoup plus courageux que de surfer sur l'émotion légitime de l'opinion à grands coups de menton et de testostérone.

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