Depuis dix jours,François Hollande est sur le devant de la scène. Pourtant, c'est Manuel Valls qui a joué le rôle le plus déterminant après les attentats.

François Hollande, Bernard Cazeneuve et Manuel Valls au Bataclan
François Hollande, Bernard Cazeneuve et Manuel Valls au Bataclan © capture d'écran

C'est le Président qui récolte tous les lauriers, notamment dans les sondages. Et pourtant, le Premier ministre a pesé lourd, très lourd dans les décisions inédites qui ont été annoncées. Juste après les attaques, dans le bunker du ministère de l'Intérieur, c'est lui qui a proposé de décréter l'état d'urgence. C'était son idée, et elle ne venait pas de nulle part. Personne ne l'a su, mais après les attentats de janvier, Valls a demandé dans la plus grande discrétion à l'agence chargée de la sécurité du territoire de préparer un plan, classé secret-défense, en cas d'attentat de masse : Vigipirate écarlate, organisation des urgences, contrôles aux frontières. C'est ce plan qui a été activé le 13 novembre, le plan de Manuel Valls. Ça fait des mois qu'il ne dort pas. Il savait qu'une attaque massive était inévitable.

Quand il a su que Paris était attaqué, il était chez lui, dans le XIe arrondissement . Vers 21h40, il reçoit un SMS de Bernard Cazeneuve qui l'alerte des explosions à Saint-Denis. Dans la foulée, un journaliste l'appelle pour lui dire qu'il y a une fusillade à 300 mètres de chez lui. Et vous savez ce qu'il a dit ? « Ça y est, nous y sommes ». Il a tout de suite compris que c'était une attaque coordonnée. C'est pour ça qu'il a parlé du risque d'attaque chimique.

Il veut « dire la vérité » aux Français, ne rien leur cacher. Au gouvernement, tout le monde pense qu'un nouvel attentat peut se produire dans les prochains mois et qu'il faut s'y préparer.

C'est aussi Manuel Valls qui a inspiré le discours très droitier du Président devant le congrès de Versailles.

Je vais vous raconter une scène hallucinante. C'est un élu qui me l'a rapportée. C'était dimanche dernier à l'Élysée, le jour où Hollande a reçu les chefs de parti.

Je cite cet élu : «Le Président était complètement sonné, incapable de réagir. Valls s'est levé, il s'est mis en face de lui et l'a secoué. Il lui a dit : maintenant, faut agir ! Dans la salle, on était scotchés.. . »

Comme si le Premier ministre avait pris les commandes. C'est lui qui a convaincu Hollande d'annoncer des mesures drastiques.

Il l'explique, Valls : « L'opinion pouvait basculer, organiser une marche ça ne suffisait pas ». Et il a bien l'intention d'entretenir l'élan patriotique dans les prochains mois. Il le dit sans prendre de gants : « Après Charlie, on a laissé retomber l'esprit du 11 janvier, on a oublié les quartiers ».

Bref, ceux qui pensaient qu'il allait être remplacé après les régionales peuvent aller se rhabiller.

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