Par Renaud Dély

François Fillon apparaît très bien placé pour remporter la primaire de la droite et voilà qu’au Front National aussi, cette désignation change la donne. L'envol de François Fillon fait d’abord des malheureux.

Marine Le Pen rêvait d’affronter Nicolas Sarkozy. Sarkozy, c’était pain béni ! Son discours radicalisé sur les questions identitaires validait les propositions du FN. Par ses excès, ses provocations, Sarkozy contribuait à recentrer Marine Le Pen. Elle avait presque l’air modérée…

«Sarko, c’est notre meilleur agent de la dédiabolisation » répétait-on au FN. A défaut, la patronne se serait satisfaite d’une candidature Juppé. Un candidat âgé, modéré, centriste, voilà qui lui laissait un espace politique assez vaste.

Le Front National n’avait pas prévu la victoire de François Fillon. Personne ne l’avait vu venir. Alors, en interne, la première réaction a été une vraie gêne. « Fillon a un profil réac et catho assez embêtant, il peut nous piquer pas mal d’électeurs », avoue un dirigeant frontiste. En fait, c’est surtout un souci pour la frange traditionaliste du parti d’extrême droite. Et donc pour Marion Maréchal-Le Pen.

Au sein du FN, certains se demandent même à quoi sert la petite-fille de Jean-Marie Le Pen. « C’était bien utile d’aller draguer les cathos en paradant au premier rang de la « Manif pour tous » , Fillon les a tous récupérés !», se désole un proche de Marine Le Pen.

Mais rassurez-vous, il y en a un qui est heureux, et pas le moindre, c’est le vice-président Florian Philippot. Il faut dire qu’en général, au sein du FN, ce qui fait le malheur de Marion Maréchal fait le bonheur de Florian Philippot, et inversement. C’est une règle immuable tellement ces deux-là se détestent. Ces dernières semaines, Philippot était de plus en plus isolé et contesté au sein du parti. Certains le donnaient même, comme souvent, au bord de la démission. Et là, grâce à la victoire de Fillon, il a retrouvé d’un seul coup des couleurs. Il est convaincu qu’il aura la haute main sur la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Pour Philippot, Fillon a un profil ultralibéral et européiste qui va lui permettre de développer sa ligne « sociale » et protectionniste. « Son programme, c’est un épouvantail à ouvriers et fonctionnaires, ils vont tous voter pour nous », me disait cette semaine un dirigeant FN. Fillon, en épouvantail ? C’est vrai que l’image est assez tentante, non ?

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