L’aventure macronienne a souvent un gout saumâtre pour tous ceux venus du parti socialiste ou plus largement de la gauche, qui s’y sont embarqués. Hier, une députée LREM de la Loire a vidé son sac sur France Bleu.

Pour Nathalie Sarles, nous allons tranquillement vers un état autoritaire, vers une suppression des libertés individuelles. 

Elle fait référence à la très controversée proposition de loi sur la sécurité globale dont le vote solennel est programmé aujourd’hui à l’Assemblée. Elle ne la votera pas, ce sera le cas de beaucoup de ses collègues, ulcérés par le fameux article 24. 

Et combien sont-ils depuis des semaines, comme elle, à serrer les dents chaque fois que Gérald Darmanin, le ministre de l’Intérieur prend la parole ? 

Ce n’est pas un scoop, depuis le début du quinquennat Emmanuel Macron parle beaucoup à la droite

C’est vrai, le chef de l’Etat est même le seul président de la Ve à avoir opéré ce qui s’apparente à une OPA sur un autre parti en cours de quinquennat. Cela s’est lu dans le résultat des Européennes 2019, 27 % des électeurs de François Fillon s’étaient alors rangés derrière la liste Renaissance. 

Mais Emmanuel Macron ne veut pas pour autant laisser son flanc gauche à découvert. 

Cela se traduit par quelques mouvements tactiques. D’où cette annonce par exemple d’un délit d’écocide ce week-end, même si ce n’est pas exactement la demande de la Convention citoyenne. 

Autre signal, on a appris l’installation à l’Elysée de deux conseillers. L’un venu de LR, Thierry Solère, mais l’autre d’une sensibilité de gauche, Stéphane Séjourné.  

Mais cela ne suffit pas à calmer les esprit à gauche. Ce « en même temps » ne trompe plus personne. 

Pas même les ministres de gauche qui, un peu esseulés, tentent de se tenir chaud au sein de Territoires de progrès, mouvement qui ne progresse guère. 

Il est vrai que leur chef de file, Jean-Yves Le Drian, par ailleurs à la tête de la diplomatie française, cultive une très grande discrétion, ce qui ne les aide pas à peser sur les orientations du gouvernement. 

Et surtout, ils font tous le même constat, comme me l’a confié un ministre en off : 

Le président n’a pas énormément envie de gauche

Seul motif de soulagement de ces abandonnés, figurez-vous qu’ils sont finalement plus à l’aise avec Jean Castex qu’avec le trop libéral Edouard Philippe. 

Quand on est de gauche en macronie, on a les satisfactions que l’on peut.

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