Par Carl Méeus, rédacteur en chef duFigaro Magazine

Manuel Valls
Manuel Valls © MaxPPP/IP3 press/Vincent Isore

Manuel Valls est devenu une alternative à gauche pour la présidentielle de 2017. C'est le résultat d'un sondage que nous publions auFigaro Magazine . L’Institut Harris Interactive a demandé aux Français quel serait le meilleur candidat socialiste pour battre la droite à la présidentielle de 2017.

La réponse est nette : 33% d’entre eux citent Manuel Valls, 9% François Hollande, Martine Aubry 8%. Et quand il leur demande un pronocstic, le résultat est encore plus clair: 54% des Français estiment que Manuel Valls gagnerait face à la droite en 2017 alors que 80% d’entre eux pensent que François Hollande ne gagnerait pas !

Pourquoi ?Parce que François Hollande a gâché en dix-huit mois tous les atouts qu’il avait en main. A force de vouloir faire en permanence la synthèse plutôt que d’affirmer une ligne claire telle qu’il l’avait définie pendant sa campagne présidentielle, il a totalement désorienté ses soutiens. Sa popularité est au plus bas et il n’est plus audible.

Que les électeurs de droite et du centre se soient éloignés les premiers n’a rien d’étonnant. Mais aujourd’hui, ce sont ceux de gauche et du PS qui s’en vont et le fragilisent. A l’inverse, Manuel Valls apparait comme une valeur refuge pour des électeurs désemparés : il affiche sa fermeté quelques soient les circonstances et tient une ligne claire. Tout l’inverse de Hollande.

Mais ce baromètre favorable ne suffira pas à Manuel Valls pour être le candidat du PS en 2017. Car il ne suffit pas d’avoir de bons sondages pour être élu.

D’abord parce que Hollande n’a pas dit son dernier mot. Si le Président donne aussi souvent raison à son ministre de l’Intérieur, ce n’est pas uniquement parce que celui-ci est populaire. C’est aussi pour éviter de lui donner des raisons de claquer la porte du gouvernement et se présenter en recours à des électeurs qui ne demandent que ça.

Ensuite parce que ces bons sondages arrivent un peu trop tôt pour Valls. Il ne va pas s’en plaindre, lui qui, à la primaire de 2011, n’était arrivé que 5ème avec 5,6% des voix. En deux ans, que de chemin parcouru ! Mais il sait que le chemin de la présidentielle est encore long. 2017, c’est seulement dans trois ans et demi. Politiquement, c’est très long.

Enfin, parce que Manuel Valls va devoir choisir : être Rocard ou Sarkozy . Rocard l’homme soumis ou Sarkozy l’homme de la rupture. Michel Rocard a toujours déclaré sa candidature à l’Elysée en 1981 et 1988 pour la retirer quand François Mitterrand déclarait la sienne ! Résultat, il n’a jamais pu être candidat à l’élection présidentielle et a du subir les multiples humiliations du Président…

Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à provoquer la rupture avec Jacques Chirac pour montrer sa différence et arriver à se faire élire en 2007, malgré les agacements d’une partie de son camp et les manœuvres du Président pour lui barrer la route en envoyant au front des concurrents comme Dominique de Villepin.

Manuel Valls prend souvent Clemenceau comme référence. Il connait donc sûrement cette phrase du Tigre : il faut savoir ce que l’on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire ; quand on le dit, il faut avoir le courage de le faire.

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