On les voit arriver à la présidence de l’Assemblée Nationale, au sein du groupe LREM et maintenant à la tête du mouvement. Les « hommes du président » sont partout. Est-ce le signe d’une reprise en main de l’Elysée ?

Cela paraît incontestable, surtout depuis la désignation, ce week-end, de Philippe Grangeon, comme chef par interim du mouvement En Marche. Ce marcheur de la première heure est l’un des trois ou quatre hommes qui chuchotent à l’oreille d’Emmanuel Macron depuis  la campagne présidentielle. Il devrait rejoindre l’Elysée comme conseiller spécial dès le 1er décembre, une fois élu le délégué général du mouvement. Un mois et demi pendant lequel l’homme de confiance du chef de l’Etat devra « encadrer » la guéguerre des chefs et des cheftaines qui se noue déjà entre les Sciappa, Guérini et autre Person…  

D’autres « hommes du président » sont désormais aux manettes

L’élection de Richard Ferrand au Perchoir, en septembre, avait donné le coup d’envoi. Marcheur historique, Ferrand n’a pas attendu longtemps pour recruter comme directeur de cabinet, Jean-Marie Girier. Chef de cabinet de Gérard Collomb au ministère de l’Intérieur, Girier a surtout été le directeur de campagne de Macron. Fin connaisseur des réseaux d’élus, il sera le relais stratégique entre l’Élysée, Ferrand et les députés marcheurs. Mais l’influence de l’Elysée s’exerce également sur le groupe LREM à l’Assemblée. Son patron, Gilles Le Gendre, a choisi Pierre Herrero comme secrétaire général du groupe, une fonction clé pour organiser la majorité. Herrero est lui - aussi un « homme du président ». L’an dernier, il était responsable de la campagne des législatives pour En Marche, avec le succès que l’on connaît. Enfin, Vincent Caure a fait son entrée comme chef de cabinet du groupe. Il faisait partie du « pôle parlementaire » en charge des réseaux numériques au cabinet d’Emmanuel Macron…  

Faut-il se réjouir ou s’inquiéter de « macronisation » de l’Assemblée et du mouvement ?    

Cette reprise en main du président sur sa majorité et son parti, après tout, peut paraître logique. «L’affaire Benalla a été le détonateur, me confiait un élu marcheur. Les démissions de Hulot et Collomb n’ont fait qu’aggraver le constat, ce qui a poussé Macron à rationaliser l’organisation du groupe LREM, de la majorité parlementaire et maintenant du mouvement. » Alors cette influence de l’Élysée sur l’Assemblée et le parti est-elle de nature à mieux structurer une macronie inexistante il y a encore deux ans et préparer les européennes et surtout les municipales ? Signe-t-elle, au contraire, un repli accentué d’Emmanuel Macron sur ce que d’aucuns appellent « sa bande » ? Au président de décider.

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