A propos de la rénovation de la droite, Nicolas Sarkozy veut changer le parti du sol au plafond, y compris son nom… et ça ne plait pas à tout le monde...

Je suis de ceux qui n’en reviennent pas de cette envie qu’a la droite de se trouver un nouveau nom tous les dix ans. Regardez au parti socialiste. C’est François Mitterrand qui l’a rebaptisé comme ça, après 66 ans de SFIO. C’était au congrès d’Epinay, en 1971. Ecoutons Mitterrand, il expliquait ce que ça signifiait d’entrer au PS à l’époque…

Aujourd’hui même, personne rue de Solferino n’oserait dire ça. Et pourtant, le PS a-t-il changé de nom après le fameux tournant social démocrate de 1983 ? Pas du tout ! Et a-t-il changé de nom quand il a été laminé par l’affaire Urba au début des années 90 ? Non il a continué vaillamment. Un parti chargé d’histoire assume ses hauts et ses bas…A droite en revanche… on s’y perd dans la succession des partis et des changements de noms… Oui, et si je m’en tiens au seul mouvement gaulliste, il y a d’abord eu le RPF à partir de 1947, puis l’UNR, puis l’UDR... Le RPR créé par Chirac en 1976 a finalement duré 26 ans, un record. En 2002 c’est la création de l’UMP. A l’époque Alain Juppé avait proposé un autre nom « La maison bleue ». Mais c’était déjà pris par Maxime Le Forestier… Douze ans plus tard, l’UMP a-t-elle vécu ? Ce n’est pas l’avis de tout le monde. Alain Juppé visiblement a des doutes sur l’intérêt d’un énième changement. Ecoutez-le, c’était hier sur le plateau de BFM :

Alors pourquoi veulent-ils encore en changer ? Evidemment, il y a l’affaire Bygmalion. Changer de nom permettrait de montrer qu’on est passé à autre chose quand la presse évoquera ce dossier. Et puis il y a Marine Le Pen. Elle a trouvé un truc de chansonnier qui marche bien. Elle brocarde « l’UMPS ».

Mais faut-il pour autant changer de nom ? Payer encore une agence de communication ? Je vais vous dire, je pense que la droite a un problème, ce changement de nom s’explique simplement : elle n’a jamais très bien su ce qu’elle était. Elle est la « non gauche » mais en dehors de ça elle n’ose pas se dire seulement libérale, ou seulement conservatrice.Elle est multiple, elle est changeante et contradictoire. Alors en attendant, pourquoi ne pas garder l’UMP ?

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