Le ministre de l’Economie, Emmanuel Macron, les rend tous fous et pas seulement à gauche.

Emmanuel Macron sur France Inter
Emmanuel Macron sur France Inter © MaxPPP

Ah ça, à gauche d’abord, il les rend dingues, ce fichu Macron ! Depuis des semaines, en privé, les responsables socialistes ne pensent qu’à lui, ne parlent que de lui. Hier, Martine Aubry a fini par craquer. « Ras l’ bol !», elle en a « ras l’bol » la maire de Lille, de ce jeune homme bien propre sur lui qui prétend piétiner ses belles 35 heures. La France entière a vu sa colère exploser à la télévision. Ras le bol ! On aurait dit un remake des « Tontons flingueurs », quelque chose comme: « Ton Macron, il commence à me les briser menu… Il va voir qui c’est Martine ! »

Mais à gauche, Martine Aubry n’est pas la seule à penser ainsi. C' est la seule à le dire aussi violemment, mais ils sont nombreux chez les frondeurs, ou tout simplement parmi les candidats aux régionales à avoir tiré récemment la sonnette d’alarme à l’Elysée. C’est vrai que taper sur les fonctionnaires, les 35 heures, et bientôt sans doute le code du travail, à moins de trois mois d’un scrutin qui s’annonce calamiteux pour la gauche, ça équivaut à se faire hara-kiri…

Pourtant, François Hollande ne lui en tiendrait pas rigueur. Parce qu’Emmanuel Macron, c’est le nouveau chouchou du Président. Les vieux fidèles, Stéphane Le Foll, Michel Sapin ou François Rebsamen, ont fait de vraies scènes, des crises de jalousie à Hollande. Mais c’est ainsi, la page est tournée : le préféré du Chef, désormais, c’est Macron. D’abord, parce qu’il l’amuse. Figurez-vous que le ministre de l’Economie est un vrai blagueur et vous savez que pour François Hollande, l’humour, toujours l’humour, ça compte…

Ensuite, parce qu’il l’arrange. Car Macron a ringardisé Valls. Jusque-là, le réformateur audacieux, c’était le Premier ministre. Et voilà que Manu (Valls) s’est fait piquer son job de « type moderne », forcément « moderne », par un autre Manu (Macron) !

Résultat : les relations entre les deux hommes se sont tendues. Hollande, lui, se régale puisque le voilà arbitre avec mission de faire… quoi ? La synthèse, hé oui, son truc préféré !

A droite aussi Emmanuel Macron agace. Ces dernières semaines, Nicolas Sarkozy et ses fidèles ont multiplié les reproches aux patrons sur le thème : « Mais qu’est-ce que vous foutez à fricoter avec ce type ? » Pierre Gattaz, lui, s’est fait sermonner pour avoir fait applaudir le ministre de l’Economie debout à l’université d’été du Medef. En fait, c’est là qu’on s’aperçoit, Eric, qu’Emmanuel Macron est peut-être une solution - ça on le verra plus tard - mais ce qui est sûr, c’est qu’il est déjà un symptôme. C’est le symptôme d’une époque où on ne sait plus bien où est la droite, et où se situe la gauche. Le drame, en revanche, c’est que tout le monde voit bien où est l’extrême droite.

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