A peine arrivé sur le sol américain pour l’assemblée générale de l’ONU, Emmanuel Macron doit gérer une polémique et une crise diplomatique dont il se serait bien passé...

Emmanuel Macron, président de la République
Emmanuel Macron, président de la République © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Tout est parti d’une bonne intention. On est dimanche. Emmanuel Macron s’envole vers New York. Il embarque avec lui des journalistes et pendant le vol, il les invite à s’installer dans la salle de réunion. La grande table. Le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves le Drian qui est là. 

Nos confrères du Parisien ont la chance d’être à bord. Il en font un article, sur le mode : comment le président prépare son rendez-vous international. Avec la photo d’un Emmanuel Macron le nez dans les dossiers, à 10 000 mètres d’altitude. 

Sauf que les propos rapportés par le journal ont mis le feu aux poudres. Car Emmanuel Macron égratigne les jeunes, ceux qui défilent pour le climat :

Qu’ils aillent manifester en Pologne ! 

Voilà ce que dit le président, qui considère que la Pologne – pas la France – bloque les avancées en Europe.

Il n’en fallait pas moins pour braquer l’ambassade de Pologne. Quant à l’opposition, en France, elle dénonce à nouveau un président méprisant, arrogant. 

Bref, l’opération transparence est devenue une opération ratée. 

Et en ce moment, le chef de l’Etat aime jouer à quitte ou double en donnant accès aux coulisses. Au G7 de Biarritz déjà, il aavait embarqué avec lui deux équipes de télé. Ca avait donné des séquences plutôt, cette fois, à son avantage. Macron avec ses équipes.… Macron avec Merkel… Macron avec Trump… 

Cela correspond en tout cas à l’arrivée d’un directeur de la communication, Joseph Zimet, qui est un historien. Il a été recruté précisément pour imaginer le récit du quinquennat. 

On a changé de doctrine : les coulisses, jusqu’à maintenant, c’était tabou.

Macron ne voulait surtout pas faire du Hollande. A l’époque, le palais était ouvert à tous les vents. Les cuisines du pouvoir étaient dans tous les médias. 

Cela traduit plusieurs choses :

  • D’abord, qu’Emmanuel Macron cherche encore la bonne tonalité. Il a été tour à tour : très distant et vertical, puis au contact des gens, puis un mélange des deux.  
  • Ensuite et surtout, ça trahit l’optimisme d’Emmanuel Macron en cette rentrée. D’où le côté "j’avance sans filet". Il faut dire qu’il se sent revigoré. Les "gilets jaunes", le grand débat, un été calme, des résultats économiques… "Il est euphorique. C’est un rescapé d’un crash", m’a dit un leader syndical.  Attention toutefois à ne pas se brûler les ailes !
L'équipe
  • Marcelo WesfreidJournaliste au service politique du Figaro, en charge du suivi de l'exécutif.
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