C'est une femme politique qu'on n'entend pas, qui est restée très discrète cet été, mais qui pourtant, dans l'ombre, progresse. Cette femme, c'est Marine Le Pen.

pas de groupe pour marine le pen au parlement européen
pas de groupe pour marine le pen au parlement européen © reuters

Pendant que Valls et Montebourg s'offrent une jolie crise de nerfs gouvernementale pour la rentrée, pendant que Sarkozy et Juppé se tiennent par la barbichette pour savoir qui sera candidat en premier, Marine Le Pen, elle, elle se tait. On ne l'a pas vue de l'été. Et pourtant, elle engrange, elle engraisse, elle grossit, elle progresse. J'ai cherché cet été des articles dans la presse. Rien ou presque, à part les élucubrations de Brigitte Bardot, qui croit avoir trouvé sa « Jeanne d'Arc du XXIème siècle ».

Non, on ne parle plus de Marine Le Pen, elle a disparu des écrans radars, comme si on avait oublié son score canon aux européennes. Il faut dire qu'elle n'a rien à faire, tout roule pour elle : la France qui s'enfonce dans la crise, les affaires judiciaires, Nadine Morano qui tweete à la plage sur les femmes voilées, et surtout le spectacle vraiment désespérant que donnent le PS et l'UMP. A ce train-là, on ne voit pas bien ce qui pourrait empêcher le cauchemar qui se profile : Le Pen qualifiée d'office au second tour en 2017.

C'est bien plus qu'un cauchemar aujourd'hui.

Un sondage Ifop, passé un peu inaperçu cet été, montrait que Marine Le Pen pourrait très bien arriver en tête au premier tour de la présidentielle. Il y a quelques jours, un ami de Manuel Valls me disait même, ça fait froid dans le dos : « La France est mûre pour une aventure populiste ». Est-ce que vous imaginez Marine Le Pen à l'Elysée ? Non. Elle, elle s'y voit très bien. On l'écoute, c'était fin juillet sur BFM :

Alors il y a deux hommes qui ont bien perçu le danger, dites-vous, c'est François Hollande et Nicolas Sarkozy.

Ils ne pensent même qu'à ça. Ils sont tous les deux persuadés que la présidentielle va se jouer dès le soir du premier tour, parce que celui qui se qualifiera face elle sera élu président. Sarkozy, il la déteste, il rêve de lui faire la peau, il est persuadé que c'est elle qui l'a fait perdre en 2012. Il la trouve, je cite, « grosse, épaisse, avec ses épaules de déménageur ».

Hollande, lui, est très inquiet. Comme il dit, « Le Pen au second tour, ça n'est pas un risque, c'est une réalité ». Il en tire une conclusion : il faut de toute urgence « ressouder la gauche ». Vous me direz, vu ce qui se passe, c'est très très mal barré. Bref, on ne saurait trop inviter les élus de tous bords à faire preuve d'un petit peu plus de responsabilité.

Comme dit un socialiste, et j'en finis là : « Même en vacances, Marine Le Pen peut compter sur une classe politique à la limite de la débilité pour faire progresser ses idées ».

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