Les histoires politiques avec vous Nathalie Schuck, duParisien/Aujourd’hui en France . On va parler de la façon dont Nicolas Sarkozy essaie de corriger son image dans l'opinion à un peu plus d'an de la primaire à droite. Vous l'avez suivi sur le terrain ces derniers jours et -surprise !- il serait devenu modeste.

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © MaxPPP/IP3/Benjamin Girette

Vous vous souvenez peut-être de ses déplacements en France quand il était président ? Les militants UMP -de préférence pas trop grands- qui faisaient la claque, les villages ripolinés du sol au plafond, les tables rondes où il parlait, parlait, sans personne pour le contredire. On appelait ça des « visites Potemkine », en référence aux décors de carton-pâte qui étaient installés sur le parcours des tsars de Russie pour cacher la misère. Eh bien, tout ça, c'est fini !

En tout cas, c'est ce que nous disent ses spin doctors, qui sont en train de tester une nouvelle stratégie de terrain : fini le décorum, ils veulent du vrai, du vécu, que ça frotte, que ça pique, que ça clashe. Ils veulent faire de Sarkozy le candidat du « parler vrai » qui va à la rencontre des Français en colère, y compris, et c'est la nouveauté, sur son propre bilan à l'Elysée.

Je l'ai suivi mercredi dernier dans l'Yonne. Il était venu rencontrer des éleveurs. C'est la première fois que son équipe testait cette stratégie grandeur nature. Et il s'en est pris plein la figure ! Exemple, brut de décoffrage: « Depuis votre Grenelle de l'environnement, on a que des emmerdes ! » Du brutal ! Est-ce qu'il s'est énervé ? Non, il a fait son autocritique, il a admis -du bout des lèvres- qu'il n'avait pas tout réussi. Il a même pris son temps, fait semblant de s'intéresser. Ca a donné des dialogues un peu étranges. Comme cette question hautement philosophique de l'ancien Président : « Mais dites-moi, pourquoi est-ce que les mouches se mettent toujours sur les vaches? »?.

Réponse du fermier frappée au coin du bon sens : « Bah, parce qu'elles ont pas de bras pour les enlever... »

Au-delà de l'anecdote, qu'est-ce que ça dit du candidat Sarkozy ?

Son équipe sait très bien qu'il a un problème avec les électeurs de droite : ils lui en veulent de ne pas avoir tenu toutes ses promesses et de ne pas s'être toujours bien comporté. Et ça, c'est un gros handicap pour sa candidature en 2017. Bref, il a compris que l'heure était venue de faire son mea culpa. Ce n'était pas gagné. Jusqu'à maintenant, il avait toujours refusé. Il y a quelques semaines, il disait encore à un de ses vieux copains qui me l'a raconté : « Je commencerai pas ma campagne en m'excusant ! ».

Alors, est-ce que Sarkozy va enfin devenir modeste ? On a pu parler en OFF avec lui à la fin de sa visite et il nous a promis qu'on serait très « surpris ». L'avenir dira s'il était sincère ou si c'était simplement de la communication...

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