Par Renaud Dély

Permanence du Front National, Avignon, 2015
Permanence du Front National, Avignon, 2015 © Maxppp / IP3 PRESS/MAXPPP

Pendant l’été, au FN, les purges continuent. Alors, ce n’est pas neuf. Déjà l’an dernier, c’est au mois d’août que Jean-Marie Le Pen avait été convoqué devant le bureau politique du parti pour être exclu. Au Front, la purge c’est un sport… national, évidemment, et un sport qui se pratique donc surtout l’été. Presque un sport de plage : « Virez-vous les uns les autres ». C’est d’ailleurs le précepte qui gouverne le parti d’extrême droite depuis sa fondation. Des purges, il y en a eu un paquet sous le long règne de Jean-Marie Le Pen. On se souvient du « pu-putschiste » Bruno Mégret et de ses amis virés lors de la scission de 1998, puis quelques années plus tard, des catholiques traditionalistes de Bernard Antony, ou encore de Carl Lang, Jean-Claude Martinez et de beaucoup, beaucoup d’autres…

Et pour gérer le FN, Marine Le Pen est pire que son père ! Et ce n’est pas moi qui le dit, c’est un ancien membre du bureau politique lui-même viré :

Avec Jean-Marie, au moins, on pouvait l’ouvrir, même s’il ne nous écoutait pas ; avec Marine, le simple fait de dire qu’on n’est pas d’accord, c’est un suicide politique…

Ambiance…

Bref, le Front National a changé de mode de gouvernance : on est passé du « Cause toujours » à « Ferme-la ! », tout simplement.

Longtemps, c’est le compagnon de Marine Le Pen, Louis Alliot, vice-président du FN, qui a viré ceux qui étaient suspects de rébellion. Alliot y a même gagné le surnom de « Loulou la purge » ! Désormais, c’est l’autre vice-président, Florian Philippot, qui s’en charge. Ces dernières semaines, plusieurs figures historiques y sont passées, comme Marie-Christine Arnautu, suspendue du Bureau exécutif pour avoir participé au rassemblement organisé le 1er mai par Jean-Marie Le Pen. « Je suis punie pour délit d’amitié. », dit-elle. Pour la même raison, Mireille d’Ornano, députée européenne, et Philippe Chevrier, secrétaire départemental des Yvelines, ont été débarqués…

Mais c’est surtout dans les fédérations de province que les têtes tombent au FN. Marine Le Pen a promu un responsable parfait pour faire ce job : Jean-Lin Lacapelle, un homme sans état d’âme. Pas du genre à avoir le bras qui tremble. Lui, ce qu’il pourchasse, ce sont les « défauts de loyauté ». Il vire aussi ceux qu’il juge « pas au niveau ». Résultat, Lacapelle a fait un tour de France tout au long de l’été. Sur 40 départements visités, il a déjà viré… 21 responsables ! De même, deux ans après les municipales, une centaine de conseillers municipaux FN ont démissionné ou ont été poussés dehors. L’hémorragie est particulièrement spectaculaire dans la douzaine de mairies gérées par le FN. Evidemment, la question qui se pose quand on dresse le bilan de ces purges, c’est de savoir si le FN est gouverné au sommet par une bande de « paranos », ou plombé à la base par une addition d’incompétents ? Mais au fait, les deux sont-ils vraiment incompatibles ?

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