“Le combat continue”. C’est ce que Benoît Hamon a déclaré devant ses troupes dimanche malgré ses 6,36 %.

Benoît Hamon avait prévenu il y a quelques jours : s’il devait être éliminé au premier tour, il commencerait par faire une bonne sieste. Et effectivement, l’un de ses très proches me le confirmait hier soir : “Benoît va un peu se reposer, prendre du champ… mais pas rester inactif non plus.” Le but, c’est de ne plus se retrouver à devoir commenter l’actualité en permanence. ll va prendre son temps pour analyser sa défaite, pour construire la suite.

Malgré l’humiliation des 6 %, les Hamonistes affichent une grande sérénité.

Comme si le fiasco de dimanche avait quelque chose de fondateur. Un lieutenant de Hamon m’expliquait qu’ils ont acquis une capacité de structuration, avec des militants qu’ils pourront réactiver partout en France.

Benoît Hamon va garder le contact avec les intellectuels qui ont travaillé sur sa campagne : les économistes Thomas Piketty, Julia Cagé et la sociologue Dominique Méda.

Et ils en sont convaincus : le revenu universel, les perturbateurs endocriniens reviendront dans l’actualité un jour où l’autre. “Et alors là, me disait un Hamoniste, on montrera que c’est nous qui avions raison.”

Pour Benoît Hamon, la suite politique ne passe pas forcément par une main-mise sur Parti Socialiste.

Il devrait y avoir un congrès du PS à l’automne. Mais pas sûr que Benoît Hamon ne se lance dans la bataille. Comme me le rappelait un dirigeant socialiste : “Ni les Hamonistes, ni les Vallsistes ne sont majoritaires dans le parti.” Et puis, personne ne sait à quoi ressemblera le PS dans six mois. Si la majorité du parti se prononce pour un accord de majorité avec Emmanuel Macron, Benoît Hamon n’aura plus grand chose à y faire.

D’ailleurs, il y a une précision sémantique intéressante. C’est que ses proches parlent de lui comme un leader naturel de “la gauche”, beaucoup plus que du “PS”.En attendant d’être un futur leader de la gauche, dans l’immédiat, Benoît Hamon doit surtout sauver son siège de député des Yvelines. Et ça ne va pas se être une partie de plaisir. Depuis 30 ans, la circonscription de Benoît Hamon est à gauche quand le gouvernement est de gauche, et à droite quand la France penche à droite. Il va retrouver son ancien adversaire, l’ancien député Les Républicains Jean-Michel Fourgous, à qui il a chipé la circonscription il y a cinq ans, et qui est bien implanté dans les Yvelines. Et cette année ça va être d’autant plus compliqué que cette la percée d’Emmanuel Macron et du FN rend les choses encore plus imprévisibles.

Benoît Hamon va devoir battre la campagne pour garder son siège. S’il échoue, il ne lui restera plus que son mandat de conseiller régional d’Île de France. C’est un peu léger pour incarner l’alternance.

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