Il reste encore trois semaines de grand débat national et depuis quelque temps, de nombreux ministres expriment publiquement des propositions, ce qui entraîne quelques couacs...

En ce moment, la formule mathématique en vogue au gouvernement, c’est une interview égal une polémique. Mercredi dernier, c’était Marlène Schiappa en couverture de Valeurs Actuelles. La secrétaire d’Etat avait cru bon de dresser un parallèle entre la Manif pour Tous et les terroristes islamistes. Elle a dû rapidement s’excuser.  Ce dimanche, ça a été au tour de la trop méconnue Jacqueline Gourault, ministre des collectivités territoriales, de plaider en Une du JDD pour un impôt universel payé par tous les Français. Recadrage immédiat de Matignon, expliquant qu’un tel projet n’était nullement à l’étude. 

Tout se passe comme si chaque ministre voulait profiter du grand débat pour pousser son analyse, sa proposition, et si possible, se faire remarquer par l’opinion publique. En principe, toutes les interviews de ministres sont relues, amendées, expurgées si besoin par Matignon. Mais il arrive que l’exécutif passe à côté de propos explosifs… Dans le cas de Jacqueline Gourault, l’entretien n’a cependant pas été relu car il s’agit d’une ministre MoDem. Et les amis de François Bayrou, jaloux de leur indépendance, estiment qu’ils n’ont aucun compte à rendre à Edouard Philippe

Les couacs pourraient se poursuivre encore un peu puisqu’il reste trois semaines de grand débat. Selon le théorème Schiappa-Gourault, cela nous fait encore six déclarations gênantes à gérer pour Matignon.  Mais ce qui est plus gênant pour Emmanuel Macron, c’est le sentiment d’improvisation que laissent ces mises au point récurrentes de Matignon. L’impression générale, c’est qu’un certain nombre de ministres ont du mal à s’imposer totalement dans leurs fonctions.  Nicole Belloubet et Agnès Buzyn, par exemple. Ce dimanche, elles ont été totalement mouchées par Martine Aubry. La maire de Lille, pas prévenue de la visite des deux membres du gouvernement dans un hôpital de la ville, s’y est quand même rendue. Devant les caméras, elle a reproché leurs mauvaises manières aux deux ministres, avant de subitement tourner les talons. Belloubet et Buzyn sont restées bouche bée. Encore un couac.

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.