Par Marcelo Wesfreid

Jupé, pour la gauche, c’est un profil plus compliqué à attaquer que Nicolas Sarkozy.Alors au PS, on s’active pour trouver des angles d'attaque, et pas toujours avec bonheur...

Alain Juppé lors d'une séance de la CUB
Alain Juppé lors d'une séance de la CUB © UGO AMEZ/SIPA

On le sait, François Hollande rêve d'affronter Nicolas Sarkozy. L'homme qui publie des livres de mea culpa... Seulement voilà, celui qui creuse l'écart, c'est Alain Juppé : un personnage qui est plus difficile à contrer, plus rassembleur, plus rond. Alors, comment trouver les bons angles d'attaque? A gauche, on s'arrache les cheveux.

La première idée c'est de rappeler l'âge du capitaine : 70 ans.

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du PS ne s'en est pas privé. Et à la télévision! Juppé? «Non mais enfin on rêve ou quoi? L'arrière-grand-père qui est là depuis 1974? » Ce n'est pas très glorieux. D'ailleurs, « Camba » s'est vite excusé sur Twitter.

Notons 2 choses :

1) Cambadélis fait le malin mais il a seulement 6 ans de moins que Juppé !

2) Les attaques sur l'âge ne fonctionnent pas. Rappelez-vous Jospin en 2002. Il trouvait Chirac« fatigué, vieilli »... Ça ne lui a pas réussi.

Alors, si on laisse de côté le physique, quelles sont les arguments du PS ? Le principal angle d'attaque, c'est le caractère. Je cite un ministre : « Juppé est raide. Il est mal à l'aise. Au bout de 5 mn, il est cassant. Il ne saura jamais être sympa en campagne... » L'argument est ancien, mais le but, c'est de casser la « Juppé mania ».. .

Cela dit, Hollande n'est pas très inquiet. Parcequ’il a une conviction : la droite va s'occuper toute seule de découper Juppé en rondelles. « On a rien à faire, disent ses conseillers. La droite va s'en charger »

« On va regarder le spectacle, ça va être une charpie » , nous disait un ministre. Et ce n'est pas faux. Regardez, Sarkozy dans son livre. Il révèle qu'il a payé les frais d'avocat d'Alain Juppé dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris. Pas très joli, ce rappel historique.

Et que dire d'Henri Guaino, l'ancienne plume de Sarkozy? Il évoque l' «épouvantable arrogance », « l’insupportable mépris" de Juppé. Bref, avec de tels amis à droite, inutile d'avoir des adversaires à gauche...

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