Dimanche prochain François Fillon a prévu un meeting avec 10 000 participants à La Villette pour se rappeler au bon souvenir des électeurs le jour où le PS choisira son candidat.

Comment se positionnera François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, pour l'élection présidentielle ?
Comment se positionnera François Bayrou, président du Mouvement Démocrate, pour l'élection présidentielle ? © AFP / Loïc Venance

Par Judith Waintraub.

Ce sera le jour même où le PS choisira son candidat. Et le message de François Fillon, ce sera le rassemblement. Face à une gauche divisée entre trois candidats, Francois Fillon veut montrer qu’il est le champion unique de toute la droite et de tout le centre. Mais ça bloque avec les centristes. Ils se font désirer. Autant monter la rencontre avec Alain Juppé aujourd’hui à Bordeaux n’a pas posé de problème, autant avec les centristes, c’est beaucoup plus coton. Et avec tous les centristes, que ce soit François Bayrou et son MoDem ou Jean-Christophe Lagarde et l’UDI. Côté Bayrou, le suspense ne sera pas levé dimanche. Il a annoncé qu’il prendrait sa décision la première quinzaine de février seulement et il a trois fers au feu : soit il se présente, soit il rallie François Fillon, soit il rallie Emmanuel Macron.

Tout est ouvert, d’autant que Bayrou prend plaisir à brouiller le jeu. En septembre, il traitait Macron de « candidat des forces de l’argent », mais la semaine dernière, il a dit à L’Opinion « si on s’alliait avec Macron, on ferait sauter la banque ! »

Avec Fillon, en revanche, les relations se dégradent. Depuis que Bayrou a jugé « déplacé » que Fillon mette en avant sa foi chrétienne, des fillonistes font circuler un montage vidéo d’interviews de Bayrou où on le voit commencer ses phrases par « moi qui suis chrétien »

Et à l’UDI, tout est ouvert, mais ça dépend des jours. Cet automne, Jean-Christophe Lagarde était plutôt aimable avec Emmanuel Macron, mais il a changé de ton quand 150 jeunes UDI sont partis rejoindre "En Marche !" Lagarde ne veut pas que ses troupes fassent mouvement sans lui. Mais il ne peut pas, non plus, prendre le risque de rallier Macron après Bayrou. Il a mis des années à s’en débarrasser, il ne lui offrira pas une chance de reprendre le leadership du centre, que ce soit chez Macron et chez Fillon.

Comment l’UDI peut-elle s’en sortir? En négociant avec Les Républicains un accord avantageux pour les législatives. Les délégations de la droite et de l’UDI se sont vues hier et ça ne s’est pas bien passé. Pourtant, Les Républicains ont fait un effort ! Au départ, ils offraient une cinquantaine de circonscriptions gagnables, en comptant les vingt-cinq députés UDI sortants. Hier, ils sont montés à 60. Mais les centristes trouvent toujours que c’est trop peu par rapport aux 90 sièges qu’ils demandaient au début. Il y a une nouvelle réunion aujourd’hui.

Les centristes vont essayer d'essayer d'obtenir plus, en menaçant de ne pas venir au meeting de la Porte de la Villette. Un rassemblement de la droite et du centre sans les centristes, ça ne serait pas bon pour l’image de Fillon. Et puis comme dit l’un des négociateurs de l’UDI : « Si tu n’as pas honte quand tu demandes, c’est que tu n’as pas demandé assez ! »

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