Par Etienne Gernelle.

Ce qu’il y a de plus intéressant dans la vie politique française en ce moment, c’est la vie politique britannique…

Oui, car le clivage le plus profond de la politique française demeure l’Europe. Cela se voit moins aujourd’hui, mais ça va revenir avec les élections européennes de l’an prochain. C'est la question qui divise chez le Républicains, au PS, enfin ce qu’il en reste, et même au Front National. C’est le débat central.

Mais en France, on parle en l’air. Alors que chez nos amis britanniques, avec le Brexit, on est en plein dedans. C’est du concret.

Je rêve donc de voir le feuilleton du Brexit, en direct sur LCP et Public Sénat. Quel spectacle ! Toute la journée voit ce que c'est que de de se retrancher derrière ses frontières. On pourrait appeler ça : « vis-ma vie de souverainiste ».

Cela fait 18 mois que les Britanniques ont voté, et la déprime y est palpable. On y rencontre des politiques accablés, divisés, parfois hargneux. Et surtout ils ne savent toujours pas quoi choisir.

Choisir entre quoi et quoi ?

Mais Entre la Norvège et le Canada pardi ! Allez je vous résume les épisodes précédents en 30 secondes chrono.

D’abord le pitch : un futur accord avec l’Union européenne ressemblerait soit avec celui que cette dernière a avec le Canada. Soit avec la Norvège. Avec le Canada, peu d’obligations réglementaires, mais un accès au marché européen limité. Avec la Norvège : beaucoup d’obligations, mais un accès au marché étendu. C’est simple.

Theresa May a juré de ne plus dépendre du léviathan réglementaire européen et de l’odieuse cour de justice européenne. Donc on choisit le modèle canadien ? Ah oui, mais ça veut dire peu d’accès au marché.  Ce serait une catastrophe économique. Ah ben non alors.

Alors des petits malins imaginent que les litiges commerciaux pourraient être réglés par des tribunaux britanniques avec un appel au niveau européen. Mais donc à la fin c’est quand même l’Europe qui décide ? Ah non, pas question, surtout que comme on ne serait plus membre de l'union, on n'influencerait même plus les décisions européennes. On recommence tout. 

Bref, ça dure depuis 18 mois !!!

Pendant ce temps là les entreprises mondiales ont pour beaucoup gelé leurs investissements dans le royaume.

Macron, qui a fait un vibrant plaidoyer pour l’Europe à Davos, a oublié de raconter ca. De la diplomatie, sans doute. Car l'expérience souverainiste britannique  vaut bien des discours !

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