christiane taubira recadrée sur la réforme pénale
christiane taubira recadrée sur la réforme pénale © reuters

Christiane Taubira passera-t-elle l’été__ au sein du gouvernement ? Autrement dit : quittera-t-elle le gouvernement dans les prochaines semaines ?

Certes, cela fait de longs mois que cette question revient régulièrement dans les coulisses du pouvoir.

Mais cette fois, c’est différent.

Parce que l’Assemblée nationale a adopté il y a deux semaines la réforme pénale, et le texte est arrivé hier au Sénat. Cette réforme, c’est l’objectif ultime de Christiane Taubira.

Si la ministre de la Justice n’est pas partie au moment du remaniement en avril, ce n’est pas parce qu’elle avait une envie débordante de rester, bien au contraire ! C’était pour mener ce travail à terme. Elle touche au but, après, tout est possible.

C’était vraiment sa seule motivation pour rester, c’est une des très rares choses que Christiane Taubira dit elle-même. À une ministre dont elle est proche, elle a assuré vouloir aller au bout de sa réforme « pour l’honneur » .

Mais avec Christiane Taubira, on est vraiment sûr de rien tant il y a autour de sa personne des rumeurs, des élucubrations, des fantasmes.La ministre de la Justice est le personnage le plus intriguant de ce gouvernement pour une raison simple : elle est la seule à ne pas parler, à ne vraiment pas parler. C’est d’ailleurs le cauchemar des journalistes politiques qui ne parviennent pas à l’atteindre. Elle se plaint d’ailleurs souvent que des bêtises sont écrites sur elles. Ecoutez-la, c’était juste après le remaniement :

Elle a raison de ne pas leur souhaiter de s’essouffler, car quand on laisse les autres parler à sa place, pas de risque de décourager qui que ce soit…

Si elle partait, que ferait-elle ? C’est là que le délire démarre. Tout le monde a son avis sur la question dans le petit monde politique et médiatique. Ca en devient presque comique. Christiane Taubira voudrait se consacrer à l’écriture. D’ailleurs, elle a déjà commencé : elle a publié un ouvrage en mars pour répondre aux attaques racistes dont elle est la cible. Elle voudrait rentrer en Guyane, s’occuper de ses petits-enfants, se reposer, une rumeur très insistante la disait malade pendant les débats sur le mariage pour tous l’année dernière. J’en passe et des meilleures, il n’existe de preuve de rien.

Et puisqu’elle a été candidate en 2002 face à Lionel Jospin, certains, à gauche, se demandent même si elle ne voudrait pas refaire le coup face à François Hollande, puisqu’elle n’est pas spécialement d’accord avec sa ligne économique et sociale. Taubira fait partie de ceux qui pensent que la rigueur à tout prix n’est pas la solution.

Elle a fait partie d’une bande de quatre ministres qui se réunissaient souvent pour de joyeux dîners au cours desquels ils se demandaient comment faire pour peser sur la ligne et provoquer une inflexion sociale. Dans sa bande, il y avait Cécile Duflot, Benoît Hamon et Arnaud Montebourg. Arnaud Montebourg dont Taubira avait soutenu la candidature aux primaires en 2011. Les trois autres se sont exprimés à voix haute, suppliant François Hollande de faire une politique de gauche. Si Christiane Taubira finit par vraiment s’en aller, nul doute qu’elle saura se faire entendre.

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