Nicolas Sarkozy connait la plus forte chute dans votre baromètre Ipsos pour Le Point : il perd six points en un mois. Là, on peut dire que cela commence à devenir inquiétant!

On se souvient du retour difficile de Nicolas Sarkozy sur le devant de la scène, à l’automne dernier. Tout devait s’arranger après son élection, annoncée comme triomphale, à la présidence de l’UMP. Il a bien été réélu en novembre, mais ce n’était pas si triomphal que cela : son audacieux concurrent Bruno Le Maire avait récolté près de 30 % des voix.

Ensuite, on allait voir ce qu’on allait voir, Nicolas Sarkozy allait de nouveau faire l’unanimité. On a constaté que ce n’était pas le cas lorsqu’il a proposé de changer le nom de l’UMP en « Les Républicains ». Il a finalement obtenu la majorité pour le faire, mais beaucoup ont râlé, jusque dans son propre camp.

En revenant, Nicolas Sarkozy s’est heurté à un tas d’obstacles. La popularité d’Alain Juppé, mais aussi des ambitions nouvelles, celles d’une génération qui considère que c’est à son tour de prendre le pouvoir. Il pensait que son autorité naturelle devait lui permettrait de franchir toutes les barrières et de calmer tout le monde. Il est temps d’admettre qu’il n’en n’est rien… Et peut-être même de changer de costume.

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © MaxPPP/IP3/Benjamin Girette

Nicolas Sarkozy a fait le choix de n’être rien d’autre que le leader de l’opposition. Alors, il parle à son électorat, dans des réunions publiques qu’il transforme en one man show… Et il tente de siphonner celui du Front national. Dans la perspective des régionales et à plus long terme, de la présidentielle. Cela donne son improbable comparaison entre l’immigration et une fuite d’eau…

Alors qu’il aurait pu se présenter auréolé de la sagesse de l’ancien chef d’Etat. Il aurait pu s’attacher à rappeler son action à la tête du pays. Raconter comment il affronté la crise en 2008 avec un sens certain de l’Histoire par exemple. Il ne se privait pas de le faire à l’époque, les nouvelles notes de Wikileaks nous le rappellent : « Le président Sarkozy considère qu’il est de sa responsabilité devant l’Europe et le monde de prendre les choses à bras-le-corps afin de résoudre la crise financière mondiale ». La majorité des Français doute que François Hollande soit à la hauteur de la fonction. Sarkozy aurait pu se présenter en alternative qui a de l’expérience. Ca aurait pu marcher... Mais non.

Pour la primaire de 2016, ce n'est pas fichu pour autant. Il bénéficie d’un noyau de fidèles et beaucoup, dans son camp, pensent encore qu’il est le meilleur. Mais on le voit sondage après sondage : il perd sérieusement du terrain face à Alain Juppé. A mesure qu’il droitise son discours, le maire de Bordeaux consolide l’image du rassembleur. C’est vrai que Nicolas Sarkozy a trouvé un accord pour les régionales avec l’UDI de Jean-Christophe Lagarde, mais la présidentielle sera une autre paire de manche. Il en faudra bien davantage pour convaincre les centristes de ne pas présenter de candidat au premier tour. Alors qu’Alain Juppé aurait sans doute plus d’arguments dans sa botte… D’ailleurs, un signe ne trompe pas, au PS, on espère qu’une seule chose : que Nicolas Sarkozy soit le candidat de la droite.

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