Depuis que les températures sont étouffantes, tous les ministres sont sur le pont. Ils ne parlent plus que de cela. Et chacun y va de son petit conseil pour surmonter la canicule… À tel point que le gouvernement est devenu une sorte d'infirmerie géante, sur le mode un peu maternant.

Comment se rafraîchir lors des canicules ?
Comment se rafraîchir lors des canicules ? © AFP / Manuel Cohen

Il y a la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui nous dit « mouillez-vous le corps, plusieurs fois par jour et buvez, sans attendre d'avoir soif ». Dans un communiqué, on nous précise toutefois qu'il faut boire, mais pas de l'alcool.

Il y a la ministre du travail, Muriel Pénicaud qui demande aux patrons de surveiller la température des bureaux et de fournir de l'eau fraîche.

Il y a le ministre de l'Education qui a décidé de reporter le brevet des collèges. Il en va, nous dit Jean-Michel Blanquer, de « _la sécurité des collégiens de troisièm_e ».

Canicule : on en fait trop ?

Tous les gouvernements en France sont traumatisés par le drame de 2003. Quinze jours de canicule au mois d'août, 15 000 morts, Jacques Chirac en vacances et son ministre de la Santé aux abonnés absents. Depuis, on préfère en faire trop que pas assez.

Au Conseil des ministres, ce matin, il y aura une communication sur l'ensemble des mesures prises par les ministres. C'est Matignon qui a fait la liste de toutes les initiatives. Et qui met la pression. Malheur au ministre qui pense à autre chose !

Le ministre de l'Ecologie François de Rugy sera dans un centre Airparif ce matin, qui contrôle la qualité de l'air à Paris. Ils annoncera que seules les voitures propres, ayant une vignette crit'Air de 0 à 2, pourront circuler en cas de pollution aux particules fines.

Au-delà du risque sanitaire, que révèle cet empressement ?

Depuis les Européennes, le gouvernement s'est repeint en vert. Sur plusieurs couches. Cette canicule, c'est le moment pour le pouvoir d'incarner la conversion à l'urgence climatique. De montrer que le virage écolo n'est pas qu'une affaire électoraliste.

Regardez l'agenda officiel du premier ministre : demain, Edouard Philippe reçoit un rapport du Haut conseil sur le climat. Et le lendemain, il reçoit l'envoyé spécial du secrétaire général des Nations Unies pour le climat.

Et je ne parle pas de l'Assemblée. On examine cette semaine la loi climat-énergie. C'est la fermeture des centrales à charbon et c'est moins de gaz à effet de serre.

Mais en écologie, l'important n'est pas l'émotion au moment des catastrophes, c'est la mutation. Bref, ce qu'il restera de tous ces discours, une fois la canicule passée.

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