Au sein du parti les Républicains, durant cette campagne des élections législatives, l'ambiance n'est pas au beau fixe.

Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, à droite, et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avant la première réunion du Cabinet du nouveau gouvernement français au Palais de l'Élysée le 18 mai 2017
Gérald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, à droite, et le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avant la première réunion du Cabinet du nouveau gouvernement français au Palais de l'Élysée le 18 mai 2017 © AFP / Irina Kalashnikova / Sputnik

Par Renaud Dély.

Disons que les dirigeants de la droite ont connu des campagnes électorales plus faciles.

Résumons : leur candidat à la présidentielle, François Fillon a été éliminé dès le premier tour, ce qui est une première historique. Emmanuel Macron a nommé un Premier ministre, Edouard Philippe, issu de leurs rangs. Celui-ci a entraîné avec lui deux poids lourds du gouvernement, Bruno Le Maire et Gérald Darmanin. Et voilà donc les dirigeants LR contraints de faire campagne aux législatives contre ceux aux côtés desquels ils militaient hier. Ils se forcent à dénoncer un programme libéral qui, au fond ne leur déplaît guère.

Résultat, ils font semblant de se battre pour la victoire, mais au fond, ils n’y croient pas vraiment. Même quand François Baroin répète qu’il se voit Premier ministre de cohabitation du président Macron, c’est du bluff. « Si on sauve 150 députés, ce sera déjà beau… », me confiait cette semaine l’un de ses proches. Et rappelons qu’il en faut 289, des députés, pour obtenir la majorité…

C’est l’angoisse de la défaite qui plombe le moral des troupes, et bien pire… En fait, un parti politique, c’est un peu comme un couple. Dans un couple tout tient par la confiance. Si le doute s’instille, si le soupçon s’installe, c’est foutu. Chez Les Républicains, en ce moment, si tout fout le camp, c’est que tout le monde doute de tout le monde, ou presque.

Le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, l’a dit hier : Edouard Philippe espère bien accueillir d’autres ministres venant de la droite au lendemain des législatives. Une petite phrase extrêmement perverse car elle a un peu plus accentué la défiance à droite. Qui va trahir ? Qui parmi nous va franchir le pas dans trois semaines pour rejoindre la majorité ? C’est la seule question qui obsède les candidats LR quand ils se croisent. Ils se jaugent du coin de l’œil, s’épient et se méfient.

A droite, il y a donc beaucoup de suspects. Les principaux, ce sont évidemment ceux contre lesquels La République en marche n’a pas jugé bon de présenter un candidat comme Thierry Solère dans les Hauts-de-Seine, Franck Riester en Seine-et-Marne ou Marine Bernier, proche de Christian Estrosi dans les Alpes-Maritimes.

Un élu filloniste qui traque les traîtres me l’a certifié cette semaine : « parmi ceux-là figurent les futurs membres du gouvernement d’Edouard Philippe ». Mais désormais, la défiance est telle que le moindre responsable de droite qui confie qu’il ne votera « pas systématiquement contre tous les textes » du gouvernement, comme Jean-Pierre Raffarin ou Nathalie Kosciusko-Morizet, est aussitôt catalogué dans la catégorie des « vendus » !

C’est ce qui fait dire à un député sarkozyste désespéré qu’Emmanuel Macron est tellement machiavélique qu’il est bien le disciple de François, non pas Hollande mais Mitterrand, car il a réussi à instiller chez l’adversaire « le poison du soupçon ».

Et le même élu de droite de se désoler : « A ce rythme là, dit-il, on ne pourra plus compter comme élus fiables que sur Christian Jacob et Eric Ciotti… » Et quand il me l’a dit, cette perspective, croyez-moi, ne le réjouissait pas…

L'équipe
Nous contacter
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.