La question du Front républicain se pose à nouveau après le 1er tour des municipales. L’UMP l’a définitivement enterré. Il y a des arguments acceptables et d’autres, non.

jean-françois copé appelle les électeurs du fn à se reporter sur l'ump
jean-françois copé appelle les électeurs du fn à se reporter sur l'ump © reuters

Il y a encore trois ans, la droite se divisait sur cette question du front républicain. Ni alliance avec le Front national, ni alliance avec les socialistes pour barrer la route de l’extrême droite. Aujourd'hui cette règle fait à peu près conscensus à l'UMP, de Jean-Fançois Copé à François Fillon, en passant par Alain Juppé, que l'on peut difficilement à ce jour suspecter de complaisance vis-à-vis du FN. Avec un argument qui peut s’entendre : les électeurs ne sont font pas guider leurs choix,

c'est une consanguinité artificielle parce qu'opportuniste, et enfin, une alliance entre l’UMP et le PS, c’est tomber dans le piège du Front national qui dénonce le « front des copains ».

Il y a en revanche un argument récurrent, qui est beaucoup moins acceptable. Je vous passe celui de Guillaume Peltier, UMP aujourd’hui et ancien du Front national, qui estime que PS égale FN. La ficelle est tellement grossière qu’elle ne mérite pas qu’on s’y attarde. L’argument plus insidieux, mais tout aussi irrecevable, c’est celui qui consiste à mettre sur un même plan extrême gauche et extrême droite. Et c’est l’un des arguments de Jean-François Copé, le président de l’UMP, donné hier :

On ne peut pas nier que dans la manière d’haranguer les foules, de mobiliser leur électorat, il y a des outrances communes entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, nous l’avons déjà dit ici. Voilà pour la forme.

Mais sur le fond, il est simpliste voire tout simplement faux d’affirmer que Front de gauche et Front national, c’est bonnet blanc et blanc bonnet. Outre que leur terreau historique n’a strictement rien à voir –faut-il rappeler ici les racines poujado-pétainistes du Front National ?-, outre donc cette différence de nature, leurs programmes municipaux n’ont rien à voir.

Il suffit par exemple d'écouter Marine Le Pen. La présidente du FN promet que les maires frontistes diminueront les impôts locaux, notamment en coupant dans les associations communautaristes. Mais sur quelles bases ? Sans le dire explicitement, Marine Le Pen vise des associations cultuelles musulmanes, ou alors des associations qui ne seront tout simplement pas en accord avec le FN.

Le frontisme municipal est peut-être démocratique, il sort des urnes, il ne sera pas forcément républicain et appliquera des pratiques discriminantes et arbitraires. Rien de tel dans le programme du Front de gauche.

Il y a peut-être des interrogations légitimes sur le recours au Front républicain –on en voit même s’exprimer à gauche ces derniers jours- mais justifier son abandon par une équivalence entre les extrêmes de droite et de gauche n’est pas fondé. Un arallélisme sémantique, une comparaison stratégique, à visée électoraliste, ne font pas une vérité. Tout ne se vaut pas.

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