Le moins que l’on puisse dire est que les lauriers tressés par Sarkozy n’ont rien de très glorieux.

Nicolas Sarkozy appelle à l'union, notamment avec le hongrois Viktor Orban
Nicolas Sarkozy appelle à l'union, notamment avec le hongrois Viktor Orban © AFP / VALERY HACHE

Entendre un ancien président français flatter un Premier ministre hongrois, ultra nationaliste, qui, depuis des années, piétine la liberté de la presse de son pays et qui ne dissimule même plus son antisémitisme, est même carrément choquant. Mais cette saillie n’avait rien de gratuit, deux jours après la mise à pied d’Orban du PPE pour ces innombrables dérapages et manquement démocratiques. Samedi, Nicolas Sarkozy n’a pas seulement soutenu Orban, il a voulu sermonner la droite qui en Europe mais aussi en France, a pris certaines distances avec le hongrois. En fait samedi ce qu’il a dit c’est : « restons unis même avec Orban pour ne pas disparaître ».  

A-t-il été compris ?  

En réalité cet espèce d’appel de Budapest en faveur d’Orban risque d’avoir l’effet inverse, notamment en France chez Les Républicains. Il risque même de fracturer davantage un parti déjà largement désuni et dont on peine à voir la ligne politique au niveau européen entre Macron et le Rassemblement national. Et au bout du compte c’est un rassemblement des droites nationalistes qu’a lancé, en creux, samedi à Budapest, Nicolas Sarkozy. Une position qui sur la forme n’arrange guère Laurent Wauquiez, même s’il peut la partager le fond... 

En revanche, il n'y avait qu’à lire, hier, les messages des amis des Le Pen, Marine et Marion, pour comprendre leur satisfaction après avoir entendu Sarkozy. 

Nicolas Sarkozy compte encore peser sur le débat politique?  

Alors ça  c’est sûr ! Mais il ne faut pas surestimer son influence y compris dans son propre camp… D’autant que l’ancien président, qui n’est pas à une incohérence près, a loué dans le même discours de Budapest certaines positions d’Emmanuel Macron. L’adversaire absolu d’Orban… En fait, après son incartade hongroise et son retour fugace dans le jeu politique, Nicolas Sarkozy va retrouver très vite son terrain de prédilection depuis plusieurs années, celui des affaires. La justice doit d’ailleurs dire, aujourd’hui, s’il peut être jugé dans l’affaire des écoutes, quand il se faisait passer pour Paul Bismuth….

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