Depuis la présidentielle, on le dit agonisant. Et les législatives et les Européennes n’ont fait que confirmer ce diagnostic. Pourtant, le parti socialiste bouge encore…

Le PS à la reconquête
Le PS à la reconquête © AFP / PHILIPPE LOPEZ

Il bouge, il s’exprime, il s’oppose. Il était resté bien muet pendant la crise des Gilets jaunes. Mais aujourd’hui, grâce à la réforme des retraites- feu la réforme des retraites peut-être- et aujourd’hui la crise sanitaire, le parti dirigé par Olivier Faure retrouve une visibilité, un  rôle dans une pièce dont le personnage central est bien sûr Emmanuel Macron. Le chef de l’Etat dont la politique est décidément trop libérale aux yeux des socialistes. 

Alors le PS a décidé de choisir son camp, ce sera dans l’opposition pure et dure, et à gauche toute. Ainsi, en mars dernier, le parti n’hésite pas à signer avec les communistes et les Insoumis, une motion de censure contre le projet du gouvernement sur les retraites. Et dans la crise du Covid 19, le parti à la rose n’est pas le dernier à tirer à boulets rouges sur l’exécutif. 

Il est plutôt question d’union nationale depuis le début de cette crise 

Sauf le Rassemblement national qui très vite a mis en cause l’impréparation du gouvernement, l’opposition restait plutôt mesurés. Mais, Olivier Faure, dès le 12 mars, écrivait au Premier ministre pour qu’il déclare un état d’urgence social. Il demandait de repousser les expulsions locatives, de prolonger le plan d'hébergement hivernal pour les SDF et de mettre en place un plan d'urgence pour l'hôpital. Et bien qu’une partie de ces propositions soient reprises dans les deux textes de loi sur l’urgence sanitaire, le PS s’est abstenu de les voter dimanche. Ce jour-là, le Premier secrétaire du parti, demandait dans une lettre ouverte à Emmanuel Macron, d’instaurer, je cite, une « économie de guerre », avec des réquisitions massives d’entreprises pour produire des masques et des tests de dépistage du coronavirus… Le PS va s’associer à une demande de la gauche pour une commission d’enquête. On est loin du parti de « gouvernement », au pouvoir il y a encore trois ans…

Cette stratégie « à gauche toute » est-elle payante ?

En tout cas, le parti l’espère. Même les sénateurs socialistes dont beaucoup, comme Patrick Kanner étaient ministres de François Hollande, et dont beaucoup ne soutenaient pas vigoureusement Olivier Faure, semblent aujourd’hui sur la même longueur d’onde. Cette stratégie, dans le contexte de ces derniers mois, permet d’exister par rapport aux communistes et surtout aux Insoumis aux méthodes et aux solutions plus radicales. 

Elle permet aussi, selon Olivier Faure, de se re-crédibiliser par rapport à son frère ennemi, les Verts, qui depuis les Européennes, taille des croupières au PS. Les municipales renvoient l’image d’un PS capable de résister, notamment face aux Ecologistes. C’est peut-être le signe d’une renaissance. Mais autour de quelle ligne politique ? Celle d’Olivier Faure, plutôt contestataire ? Celle de ce socialisme municipal, plus pragmatique ? On le voit, si le chemin existe, encore faut-il lui donner un sens…=

L'équipe
  • Jannick AlimiJournaliste politique au Parisien Aujourd'hui en France
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