C’est un entretien avec le président de la République réalisé par Nikos Aliagas, pour la télévision grecque. Et là, surprise ! Emmanuel Macron admet de manière très nette l’erreur européenne initiale en matière de vaccination. Notamment par rapport aux Etats-Unis.

Emmanuel Macron, ici en février 2021 à Paris
Emmanuel Macron, ici en février 2021 à Paris © Getty / Antoine Gyori - Corbis

Voici ce qu'Emmanuel Macron a dit : 

Les Américains ont eu un mérite dès l'été 2020, ils ont dit : "on met le paquet et on y va". Et donc ils ont plus (de vaccins). Ils ont eu plus d'ambition que nous. Et le "quoi qu'il en coûte" qu'on a appliqué pour les mesures d'accompagnement, eux l'ont appliqué pour les vaccins et la recherche.

Il ajoute :

On a sans doute moins rêvé aux étoiles que certains autres. Et je pense que ça doit être une leçon pour nous-mêmes.

C’est, il faut le dire, très juste. Quel aveu !  

C’est plutôt l’erreur de l’Europe qu’il reconnaît, pas un retard propre à la France, mais il s’inclut dedans. Il ne pourrait de toute façon s’en exonérer, puisque la composition de la Commission porte largement sa patte, et puis il est politiquement un des grands leaders de l’Europe. 

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Outre les défauts qu'il pointe, un l'excès de précaution, le peu de confiance dans la science et la technologie sont des facteurs culturels qui s'appliquent largement à la France. Lui-même au moment de l'annonce des premiers vaccins, fin novembre, les citait en troisième position seulement dans la liste des outils pour s'en sortir, après ce qu'il appelait "l'esprit de responsabilité" et la stratégie "tester alerter, protéger, soigner, etc". 

Quoiqu'il en soit, cet aveu est très étonnant. Mais pourquoi ? 

La reconnaissance d'une erreur, même collective, est rare en France. Plus qu'en Allemagne, par exemple où Angela Merkel vient de demander pardon pour ces dernières mesures de restriction sanitaire, même s'il n'est pas certain qu'elle ait eu tort en l'espèce. Surtout dans le monde anglo-saxon, on admet plus facilement ces échecs, car ils sont considérés comme utiles. Ils permettent d'apprendre. C'est très net dans le monde de l'entreprise, mais aussi un petit peu en politique. Churchill disait déjà "Le succès, c'est d'aller d'échec en échec avec enthousiasme". En France, l'échec est encore mal vu, à tort.

D'ailleurs, il est peut-être révélateur qu'Emmanuel Macron en reconnaisse dans un média étranger.

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