Si Nicolas Sarkozy gagne l’UMP, il promet une opposition radicale !

Nicolas Sarkozy
Nicolas Sarkozy © CC

Ce qui est frappant dans tous les meetings qu’il tient depuis deux mois, c’est que Nicolas Sarkozy n’a jamais évoqué une « opposition constructive » . Vous savez, celle que brandissent habituellement, pour la forme me direz-vous, certes, mais brandissent tout de même, les chefs de file d’un parti minoritaire. L’opposition de Sarkozy sera offensive, totale. Sans aucune volonté de compromis.

Il veut, attend, exige sa revanche. Contre « Pigniouf ». Comme nous l’écrivons cette semaine dans l’Express , c’est le nouveau sobriquet dont il gratifie François Hollande. Il est convaincu qu’il ne fera qu’une bouchée de ses concurrents et qu’au final Hollande, parce qu’il est président sortant, sera face à lui en 2017.

La gauche, me direz-vous, faisait la même chose quand elle était dans l’opposition. Ce boomerang n’est pas très glorieux, mais il est un peu dans les gènes de notre démocratie latine, sanguine. Ce qui est plus embêtant, c’est cet engagement de Nicolas Sarkozy, s’il revient à l’Elysée, de faire table rase de ce que son prédécesseur aura accompli.

Nicolas Sarkozy n’a que deux mots à la bouche ces derniers temps : "abrogation" ou "réécriture"

On l’a vu sur le mariage pour tous, mais c’est beaucoup plus clair sur deux autres réformes phare: les rythmes scolaires et la nouvelle carte territoriale à 13 régions qui vient à peine d’être votée.

Deux grands textes symboliques du quinquennat de François Hollande dontNicolas Sarkozy veut se débarrasser. Ecoutez l’ancien président devant ses militants. C’était le 10 novembre dernier à Caen :

Vous avez bien entendu : deux choses au moins. Le tri vertical pourrait être plus radical.

Il s’était pourtant lui-même plaint du détricotage de François Hollande concernant les grandes lois de son quinquennat. Et ce fut le cas sur la réforme territoriale qu’il avait lancée. A juste titre d’ailleurs, puisque la réforme en cours de François Hollande aurait pu tout à fait prendre appui sur celle de son prédécesseur. Nicolas Sarkozy lui reproche d’agir par pure idéologie. Et voilà donc qu’il envisage de faire exactement la même chose. Idem pour les rythmes scolaires.

Peut-être que le passage à 4 jours et demi de travail à l’école ne s’est pas fait de manière satisfaisante mais revenir en arrière à quatre jours tout court, sans concertation, n’est certainement pas l’architecture idéale. Cet essuie-glace permanent ne fait que discréditer un peu plus l’action politique. Au lieu d’être un processus de sédimentation, elle se résume à une destruction stérile. Pour l’unique plaisir de l’affrontement.

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